jueves, 1 de diciembre de 2016

VISIONES ECOCRÍTICAS DEL MAR EN LA LITERATURA

Visiones ecocríticas del mar en la literatura, cuarto volumen de la colección CLYMA, aborda el análisis de varias perspectivas del mar en la literatura. El libro se ha dividido en cuatro apartados claramente diferenciados. El primero, centrado en el estudio literario y análisis crítico, incluye ensayos que muestran el mar como abismo o el mar como muerte y vida. El segundo pretende acercarnos a las miradas de aquellas culturas que han sido menos estudiadas, o incluso marginadas, con el fin de que comprendamos mejor su relación con el mar. En el tercero, con claras connotaciones de concienciación medioambiental, se exponen cuáles podrían ser las consecuencias de no tomar conciencia del caos al que se está sumiendo nuestro planeta y la relevancia de las aguas. Y el quinto se centra en procesos de escritura y traducción, pues, al fin y al cabo, es aquí donde se inicia todo. Gracias a estos dos procesos, el lector puede acercarse a la literatura del mar. Todas y cada una de estas visiones servirán para enriquecer un poco más nuestro conocimiento sobre el mar.

Visiones ecocríticas del mar en la literatura López Mújica, Montserrat y Mezquita Fernández, Mª Antonia (Eds.) ISBN: 978-84-16599-99-8 Lengua publicación: Español/Castellano Edición: 2016 Publicación: Servicio de Publicaciones Universidad de Alcalá Descripción: 198 páginas 17x24 cm. Encuadernación: Rústica Precio: 15 € Colección: Biblioteca Benjamín Franklin

Para adquirir el volumen:  http://www.institutofranklin.net 

sábado, 19 de noviembre de 2016

PAYSAGE ALPIN VS TOURISME : LA DISNEYLANDISATION DES MONTAGNES SUISSES

Résumé
Que reste-t-il aujourd’hui du mythe des Alpes? Où sont-ils passés les paysages arcadiens qui ont tellement fait rêver les lecteurs et lectrices tombés sous le charme de La Nouvelle Héloïse? Il y a, certainement, un antagonisme entre notre civilisation technique, - qui promue la croissance, la mobilité et les loisirs, et la région alpine, domestiquée pour être aujourd’hui rentable et productive. Si les touristes viennent aux Alpes pour découvrir la beauté des paysages (ils veulent absolument ramener chez eux les clichés dont ils rêvent: des chalets proprets garnis de géraniums, des prairies truffées de vaches et d’alpages), pourquoi ce patrimoine paysager est si maltraité? La relation entre l'homme et la montagne est en train de changer ? Cette dernière est-elle passée d’être un élément menaçant à un élément menacé ? Trouver le juste équilibre entre identité et modernité est devenu très complexe en Suisse. Les différents intérêts économiques du tourisme sont presque toujours au-dessus des intérêts de la nature et du paysage, et on risque de transformer les Alpes suisses en un énorme parc d'attraction. Cependant, l'intérêt pour l'image mythique des Alpes est encore très vivant dans la littérature et le cinéma de nos jours. Dans la littérature avec des œuvres telles qu’Estive de Blaise Hofmann ou le Journal d'un berger nomade, du français Pascal Wick. Toutes les deux nous parlent du retour dans le monde du pâturage. Des films récents comme « Belle et Sébastien » ou « Héidi » peuvent également exercer une grande influence sur la façon dont nous percevons cet environnement. Si nous sommes capables de penser à la nature comme quelque chose de vivant, de sentir et de reconnaître notre relation profonde et l'interdépendance avec elle, nous arriverons à provoquer un changement de mentalité. La littérature, le cinéma, tous les arts en général ont la capacité d’émouvoir plus que n’importe quelle donnée scientifique. Ils peuvent dénoncer également la responsabilité que l’être humain a par rapport à la crise écologique. Protéger notre environnement c’est préserver l’avenir de l’humanité.
1.    L’IMAGE DES ALPES DANS LA LITTERATURE D’HIER ET D’AUJOURD’HUI
1.1    La genèse du mythe arcadien des Alpes
C’est le XVIIIe siècle qui « invente » les Alpes. Les œuvres des voyageurs et des écrivains ont un rôle central dans la construction du mythe. Jusqu’alors la montagne était un lieu que le voyageur contournait, un monde habité de peuplades repoussantes, souvent accablées de maladies effrayantes. Les commerçants, qui traversaient les Alpes pour se rendre en Italie, se regroupaient en caravanes, et ils prenaient seulement des sentiers bien balisés. Une partie de cette transformation est due au long processus de recherche qui commence avec les voyages alpins, inaugurant ainsi la phase de "profanation" de la montagne par la connaissance et l'observation scientifique[1]. Ce processus atteint sa plénitude au XVIIIe siècle. Les scientifiques, convertis en courageux grimpeurs, vont gravir et raconter les plus hauts sommets. C’est la dernière étape de cette longue "démystification" de la montagne. Les exploits se produisent dans les Grisons, dans l'Oberland bernois, le Valais et le Mont-Blanc. Les nouvelles habitudes de navigation changent complètement la perception que les voyageurs avaient des Alpes. L'initiateur a été le grand érudit Johann Jakob Scheuchzer, père de la paléontologie et de la paléobotanique, et auteur de nombreuses publications entre 1700 et 1723, connues sous le titre générique d’Alpine Itinera. Mais ce fut le poème "Die Alpen", d’Albrecht von Haller, publié en 1731 et rapidement traduit dans les plus grandes langues européennes, qui donna le branle d’une nouvelle vision, positive et poétique, de la montagne et de ses habitants. C’est lui qui décrit la figure du bon sauvage helvétique autochtone, homme vivant encore comme aux origines : « Disciples de la nature, vous connaissez encore un âge d’Or » (De Haller 1995 : 12). Cet âge d’or qu’Haller évoquera n’existait à l’époque que dans son esprit, mais cela n’en marquera pas moins le début du mythe alpin qui demeurera jusqu’à nos jours. La vie simple et pénible, mais saine, menée en harmonie avec la nature, la chance de vivre au sein de sa famille, la liberté des montagnes furent opposées aux mœurs décadentes des grandes villes et des cours. Les lecteurs, familiarisés par les paysages ordonnés de jardins à la française, découvrent dans ses poèmes les vallées pleines de fleurs, de forêts, de cascades et de lacs. Et bien que certains versets soient dédiés aux glaciers, Haller, ne décrit ni les hauteurs, ni les précipices, ni les hauts sommets : ils sont toujours considérés comme des lieux inhospitaliers (topos horribilis). La montagne qu’il décrit est surtout la moyenne montagne, les Préalpes (vus par les voyageurs anglais comme un nouvel Eden), qui vont fournir le terrain à la construction du mythe Suisse.
Après les scientifiques et les artistes, c’est le tour des écrivains, qui inspirés par le mouvement romantique, décident de faire l'éloge de la beauté de la montagne. La publication de la Nouvelle Héloïse en 1761, marque une nouvelle étape. C’est Jean-Jacques Rousseau qui fit entrer les Alpes dans la littérature. Le véritable moment mythologique qui a contribué à répandre en Europe l’attrait du voyage dans les Alpes durant le dernier tiers du XVIIIe siècle est la célèbre «lettre sur le Valais» (Julie ou La Nouvelle Héloïse, lettre XXIII, 1re partie), dans laquelle Saint Preux raconte son excursion dans les montagnes du Valais. Il s’agit, évidemment, d’un type de paysage idyllique, on est encore loin d’une connaissance réelle de la montagne. D’ailleurs, « la haute montagne, âpre, rude, inhumaine ne pouvait plaire à Rousseau. Elle n’accueille pas le voyageur. Indifférente à l’homme, elle ne peut charmer celui qui ne cherche pas à la comprendre, à l’aimer pour elle-même, et non pour soi » (Engel 1930 :3). Rousseau dresse également un tableau idyllique des paysans du Haut-Valais : un peuple égalitaire et hospitalier qui « vit pour vivre, non pour gagner ni pour briller » (Rousseau 2002 : 133). Cette œuvre devient à son tour une source d'inspiration pour d'autres poètes qui viennent en Suisse attirés par les beaux écrits de Rousseau, pleins de belles descriptions de paysages alpins. Le voyage aux Alpes devient une mode et une thérapie pour le corps et l'âme, et sa fascination pour la montagne se transforme, par la suite, en véritable passion. Les premiers aménagements de loisirs sont intimement liés aux représentations positives qu’en donnent des générations de peintres et d’écrivains, suivis par les premiers « touristes ». La Suisse profite de cet enthousiasme et organise une authentique industrie du souvenir, qui accueille de nombreux voyageurs en tant que clients, la plus grande partie ce sont des britanniques et de français, dont la destination finale est l'Italie. Voici comment les Alpes deviennent une nouvel Arcadie au XVIIIe siècle.
Cette idée de paradis arcadien va se consolider un siècle plus tard avec la publication du roman de Johanna Spyri, Heidi (1880). Cette œuvre représente la nature intacte des Alpes suisses avec toutes ses prairies, ses montagnes et ses paysages idylliques. On sent l’influence du romantisme: la montagne de Johanna Spyri recèle toujours un âge d’or non corrompu par la modernité. Cependant, cette image idéalisée, également encouragé par des poèmes et des chansons, ignore la réalité historique et les changements apportés par l’ouverture à l’industrie et au tourisme de masse. La fin du XIXe siècle impose une nouvelle image des Alpes. Les paysages alpins commencent à subir de grandes transformations à cause de l’essor du tourisme : les nouveaux hôtels et les chemins de fer de montagne sont critiqués par des personnalités du monde littéraire qui vont  s'insurgeaient contre l'invasion de réclames publicitaires, la démolition de bâtiments historiques et la modernisation des vieilles villes. Toute modification paysagère sera dénoncée de la fin du XIXe siècle et même jusqu’à nos jours.

1.2  La littérature au service de l’environnement : vision écocritique des Alpes
Sans vouloir être exhaustif, voici quelques auteurs suisses romands qui ont dévoilé à travers leurs écrits les problèmes que le tourisme et ses infrastructures ont provoqués dans les paysages autochtones de leurs cantons. Nous commencerons ce parcours par l’écrivain Edouard Rod (1857-1910), vaudois installé à Paris qui condamne dans son roman Là-haut (1897) la dégradation du paysage alpin du Valais à la fin du XIXe siècle. Il anticipe les préoccupations environnementales dues au changement et à la destruction des modes de vie ancestraux. Le protagoniste du roman, Julien Sterny, est un parisien d’origine suisse qui retrouve son pays après un scandale qui l’éloigne de la capitale française. Suivant les conseils d’un ami, il arrive à Vallanches, un petit village situé dans la région de Martigny, éloigné des circuits touristiques. Ses habitants vivent en harmonie avec la nature et de ses quelques vacanciers, des habitués de cet endroit plein de charme. Jusqu’à l’arrivée de M. de Rarogne, un promoteur immobilier et les constructeurs du chemin de fer. Tout est bousculé dans ce vieux village : nombreux sont ceux qui veulent profiter du progrès et se laissent convaincre par l’argent facile. Des personnages pittoresques défilent dans ce cadre idyllique, des histoires d’amour se nouent, des querelles naissent, mais la solidarité renaît face à l’adversité. C’est un récit quasi prophétique sur l’évolution du tourisme en Valais : les descriptions des paysages magnifiques, des conditions dures de cette vie paysanne et des gens de la montagne, tentés par l’argent facile, sont d’une actualité saisissante : « Ceux qui verraient clair dans ce mystère gagneraient plus d’argent en deux ou trois ans […] que leurs pères n’en avaient économisé en six générations de travail et d’économie » (70). La haut-montagne commence à être rentabilisé par le tourisme : on devient hôtelier, guide, transporteur. Les Alpes cessent d’être un monde de terreurs et de désintérêt pour devenir un gagne-pain et, petit à petit, la physionomie si caractéristique des villages suisses disparait :
Hélas ! le temps n'est pas loin où l’on ne verra plus de « villages suisses » que dans les expositions, comme on ne voit déjà presque plus de meubles anciens que dans les musées ou chez les antiquaires. La création de ces « stations », qu'une publicité bien entendue met aussitôt à la mode, est suivie, à bref délai, de la construction de chemins de fer, et l’on sait les montagnes illustres dont les sommets ne sont plus que des gares (Rod 1901 : 419)

Pour préserver les paysages et les beautés éternelles de la montagne, il faudrait leur épargner les agressions de l’homme et de la technologie : Mais je ne puis m'empêcher de songer ici à cette définition de l'Homme, dont la vérité s'impose : «... un petit animal industrieux, qui excelle à utiliser tout ce qu'il y a dans la création pour en gâter la beauté tout en détruisant le bonheur de sa propre vie.. » (Rod 1901 : 423).
Edouard Rod jouera un rôle très important à Paris en tant que parrain littéraire d’autres auteurs suisses venus chercher fortune à la capitale française. Parmi eux, l’écrivain vaudois C.F. Ramuz (1878-1947). En tant que témoin de fortes transformations des paysages alpins, ce jeune écrivain montre également son soutien aux mouvements de protection de la nature qui font leur apparition au début du XXe siècle, en s’attaquant très fortement à l'industrie du tourisme et aux hôteliers :
Il y a déjà assez en Suisse de ces aventuriers qui font fortune en attirant chez nous nos voisins dont ils vident les poches. Il me tarde de voir les Alpes purgés de ces fantoches embarrassants, armés de piolets, accompagnés d’une bande de miss en jupes courtes et d’une caravane de guides. Il me tarde de voir la Suisse rendue à ses habitants, à ses citoyens. Il me tarde de voir disparaitre le cosmopolitisme qui, non content de détruire chez nous les vieilles mœurs et les vieilles coutumes, tend chaque jour à dégrader notre peuple jusqu’ici si probe. Je voudrais voir en une seule nuit tous les hôtels détruits. Les hôteliers, on en fera des manœuvres, des ouvriers, des artisans. Ils seraient alors plus utiles à la Suisse, ils travailleraient à sa prospérité, au lieu de travailler à sa ruine, à sa perdition peut-être (Ramuz 1968 : 10).

Ce texte rejoint le mouvement précurseur de l’écologie[2] qui conduira à la création du Heimastschutz (Ligue pour la conservation de la Suisse Pittoresque)[3], en 1905. En dénonçant l'utilitarisme dominant et la banalisation du paysage, Ramuz précise :
On vient visiter le lac, les montagnes, les glaciers, tels qu’ils sont représentés dans le livre.[4] Et celui qui est venu, une fois rentré chez lui, dit à ses amis : ‘Allez voir comme c’est beau’. C’est pourquoi les étrangers deviennent toujours plus nombreux, jusqu’au jour des chemins de fer (Ramuz 1967 :186).

Le flux de plus en plus dense des touristes venant séjourner en Suisse contribue fortement à la création des lignes de chemin de fer à crémaillère. Elles constituent une des attractions principales pour les touristes qui pouvaient de cette manière satisfaire leur besoin de retour à une nature encore inviolée. L’une de ces lignes va susciter un grand débat national : la construction d’un funiculaire électrique entre le village de Zermatt et le sommet du Mont Cervin en 1907.
La Ligue pour la conservation de la Suisse Pittoresque et le Club alpin suisse vont se mobiliser contre ce projet, notamment au travers de pétitions lancées dans toute la Suisse. On écrit même une pièce de théâtre intitulée «Le Cervin se défend!» du Fribourgeois Auguste Schorderet[5]. De manière générale, on accuse les promoteurs de vouloir défigurer un symbole de l’identité helvétique, à savoir la montagne, au profit de riches industriels et des touristes.
On commence à se préoccuper en Suisse, au point de vue de la protection des sites naturels, de l’envahissement exagéré des chemins de fer de montagne. Une pétition lancée par la Société pour la sauvegarde du pittoresque et par le Club alpin suisse contre le projet d’un chemin de fer au Cervin vient être remise au Conseil Fédéral, revêtue de 68.000 signatures (Cf. La Suisse au XIX siècle, T.III, ‘La Montagne Suisse’, par E. Rod).
Autre front ouvert contre la destruction des paysages alpins est celui des ressources hydrauliques. Eduard Rod introduisait poétiquement le thème en 1901 en décrivant les débuts d’une nouvelle industrie : « Elle se glisse sur le pas d’un personnage très ‘fin de siècle’, colporteur d’une nouvelle espèce, mercanti fantastique, spéculateur imperturbable et matois : le marchand de cascades » (Rod 1901 : 421). Mais c’est Maurice Chappaz, le poète valaisan, qui va faire prendre conscience aux Valaisans à partir des années 1950, que les Alpes sont plus  qu’une simple ressource économique à surexploiter, et doivent être protégées et respectées. Chappaz a été le premier écrivain qui a osé dénoncer dans Le Match Valais - Judée (1968) et surtout dans Les Maquereaux des cimes blanches (1976) les conséquences du progrès à court terme :
On a pu exploiter, d’une façon effrénée les ressources naturelles d’un pays. Et le Valais était un morceau de choix, un morceau de rois pour les spéculateurs.[6]
Face aux dommages causés par le tourisme, le pillage des terres et la spéculation immobilière, Chappaz, le poète qui chantait auparavant la beauté des Alpes, se sent dans l’obligation d'exprimer son dégoût et sa douleur. Angoissé parce qu’il sent la catastrophe, « sous ses yeux, un certain Valais meurt, transformé sans pudeurs ni mesure »[7], il devient un écrivain engagé. Ses poèmes abandonnent les étagères de la bibliothèque pour s’unir aux problèmes de la société, Chappaz va dire ce qu'il pense. Mais ce n’est pas cela la véritable mission d’un poète ? D’après lui, le poète remplit une fonction nécessaire : « Il est le témoin du cœur. Contre le mensonge des robots et des trafiquants »[8]. Sa prose donc devient une arme au service de son combat pour préserver la montagne des appétits des hommes et de leur bétonnage irréfléchi.
Chappaz va donc secouer la société valaisanne, le monde politique et économique de l'époque, et surtout, il va se battre pour préserver le paysage qu’il affectionne autant. Ce qui était autrefois un acte de célébration devient un acte de résistance, une plainte amère comme nécessaire. Ceci peut être vu dans le texte qui accompagne la deuxième édition de Les Maquereaux des cimes blanches, dont le titre est déjà très révélateur La Haine du passé (1984) :
Chez nous la mise aux enchères des montagnes et des névés à coups de députés n'en finit pas. Et que je te balance un câble! Et que je t'enfonce mes trax! Et que j'évapore le Rhône et que je te rescie une forêt! [...] En images d'Epinal, en dessins animés je raconte une fin du monde. Ce que l'on a construit dans tous les coins c'est une Tour de Babel en mille morceaux (Chappaz 1994 : 27-28).
Une relation d'amour et de haine s’établit par la suite entre le poète et les habitants du Valais. Les écrits de Chappaz provoqueront des réactions adverses parmi la population locale. D'une part, l'indignation de la bonne société valaisanne qui participe, à l’époque, activement dans la folie touristique des années 60 et 70. D’autre part, le soutien inconditionnel de ceux qui s’identifient pleinement à sa cause, et trouvent dans ses mots le courage nécessaire pour protester contre la construction de villes dans les montagnes.
La conscience environnementale a parcouru un long chemin dans le Valais, grâce en partie à l'héritage laissé par ce poète. Le point de vue de Chappaz au sujet de la nature a toujours été clair, la louange et l'écologie. Il a toujours été en faveur de la protection du patrimoine naturel et contre la destruction et la domination. Cependant, les Alpes ont énormément évolué depuis les années 1970 et, malheureusement, pas toujours dans le bon sens… La diversité culturelle et la variété du patrimoine rural qui font leur richesse continuent d’être laminées dans l’indifférence. Quel sera l’avenir du massif et de ses populations?
Aujourd’hui, face aux problèmes qui concernent l’ensemble de la chaîne (changement climatique, pollution croissante des vallées, surcharge touristique, zones en déclin, extension de voies rapides et des zones construites, transports, etc.,) les Alpes essaient de se réorganiser ; certaines associations pour la sauvegarde de la mémoire culturelle des Alpes et pour sa protection se sont créées (Pro Vita Alpina[9], L'initiative des Alpes[10]), d’autres s’attachent à développer une agriculture « labellisée », les régions coopèrent ignorant les frontières, les différents États ont signé en 1991 avec l’UE une convention sur la protection d’un patrimoine considéré vital pour l’Europe : La Convention alpine, qui considère le massif comme le dernier domaine, en Europe, doté d’une nature encore naturelle. À ce titre les Alpes font l’objet de mesures de protection particulières. Mais, sont-elles suffisantes ?
L’environnement naturel alpin est menacé et il est urgent de prendre des mesures pour le protéger. Le débat sur le suréquipement touristique et la défiguration du paysage est indispensable aujourd’hui, surtout lorsqu’on continue à vendre la montagne sur des images de nature inviolée ! Le développement dit durable est-il un objectif pour les aménageurs ? Si la tendance continue l‘impact qu’aura l’évolution de l’économie des loisirs et du tourisme sur la nature et le paysage des Alpes devrait être bien plus important que les altérations naturelles découlant, par exemple, du changement climatique.
Cette problématique de l’expansion du tourisme y est traitée sous un angle très intéressant dans le récit Estive de l’écrivain suisse Blaise Hoffmann en 2007. Estive est la chronique d’un été passé en tant que berger dans les Préalpes vaudoises. Hoffmann va se confronter seul à l’immensité de cet espace sauvage pour évoquer la beauté des montagnes, mais aussi ses laideurs, en interpellant la dysneylandisation des Alpes. Il distille aussi des réflexions, souvent ironiques, sur la montagne et sa mythologie, ou ce qu'elle est devenue, à Leysin,[11] par exemple :
Leysin, station fun, propose escalade, canyoning, mountain bike,    randonnée, promenade à dos de mulet, rafting, pêche en rivière, piscine, tennis, hockey, karting sur glace, raquettes, squash, aérobic, parapente, via ferrata, héliski, cheval, poney, ping-pong, football, beach-volley, parcours vita, minigolf, musculation, aquagym, tir au pigeon d’argile, parc à biche, quad, télécabines, télésièges, téléskis, freestyle park, halfpipe et superpipe. À la Hiking Sheep Bergerie backpacker, le lit en dortoirs coûte trente francs (161).

Bien évidemment, toutes ces activités proposées par l’industrie du tourisme « compense[nt]  l’exode rural du siècle dernier, repeuple[nt] la montagne, la rend plus viable, plus tenable, plus rentable » (161). Et aux paysans qui pleurnichent maintenant, l’auteur leur rappelle: « Qui a vendu les terrains où se construisent les complexes touristiques ? » (162). La critique politique n’est pas loin et quand Hofmann se laisse emporter, cela devient vite assez saignant, rejoignant ainsi les propos d’un Maurice Chappaz qui rappelait « la grande vente du Valais »:
Tous au village ont récupéré à leur compte le mythe alpin. Les autochtones, en vendant leurs produits avec une plus-value de tradition. Les acteurs touristiques, en exploitant la virginité illusoire des Alpes pour vendre des nuitées. Les patriotes, en faisant des Alpes une référence inaltérable au pacte initial. Les écologistes, en défendant l’idée d’un terrain fragile et riche qu’il faut préserver de toute intrusion moderne (163).

Il fonce encore plus loin et il demande la démythification complète des Alpes : « Il est temps de décoloniser les montagnes de leurs chimères, de se défaire des illusions qui constituent notre suissitude, cet objet de marketing » (163), mettant en cause le grand récit identitaire suisse : « Il n’y a rien dans les Alpes d’essentiel. C’est du relief qui traverse l’Europe en se foutant des frontières » (163). Hofmann jette un regard plein d’ironie et de désillusion sur ce qui est devenu les Alpes et nous montre le vrai visage de la montagne : « La montagne se théâtralise. Les Alpes sont le terrain de jeu de l’Europe. Elles se regardent au travers d’une fenêtre que l’on ouvre et referme » (118). La montagne est devenue une simple distraction, un décor, un espace où les touristes viennent s’amuser.


2.    L’ARRIVEE DU TOURISME DE MASSE ET L’AMENAGEMENT DU PAYSAGE
2.1 La littérature et le cinéma face à la protection du paysage
« Il n'est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir »
Parmi les plus grands défenseurs du paysage dans la littérature suisse du XXe siècle se trouvent C. F. Ramuz, Corinna Bille et Maurice Chappaz. L'univers alpin, avec sa vaste montagne, sera le cœur de pompage et d'alimentation de sa création littéraire. Étudier leurs œuvres à partir d'une perspective écocritique est une tâche gratifiante pour mieux comprendre la crise mondiale à laquelle nous sommes confrontés en ce moment. Cette crise ne résulte pas d'un mauvais fonctionnement de l'écosystème, mais d’un fonctionnement néfaste de notre système éthique. Si nous voulons la surmonter, nous devons comprendre l'impact que l'homme a sur la nature, comprendre ces systèmes éthiques et en faire un bon usage de la compréhension pour les réformer. La littérature est-elle capable de modeler de nouvelles manières d’habiter le monde ? Comme indiqué Donald Worster: « Les historiens, les spécialistes de la littérature, les anthropologues et les philosophes ne peuvent pas faire la réforme, mais ils peuvent aider à la compréhension » (1993 : 27).
Dans le cinéma, le paysage est justement cet élément donné pour acquis alors qu'il frappe notre regard le plus souvent par sa magnificence et sa solennité. Cependant, il peut jouer deux rôles bien antagonistes par rapport à l’environnement. Tout d’abord, il peut aider à ouvrir à une réflexion anthropologique sur la place de l’homme dans son environnement. En effet, lorsque nous regardons un film nous permettons à nos émotions de rendre simplement compte de notre émerveillement : face à un espace naturel, comme celui des Alpes, nous avons tendance à nous sentir bien petit face à la grandeur de la montagne. Nous ne pouvons pas nier que le "septième art" a également un énorme pouvoir de persuasion sur les causes environnementales et écologiques. Le cinéma n'a pas seulement mis en contact l'homme avec la nature, les paysages exotiques et la nature documentaire, mais a également été, et il est toujours, de temps en temps, militant actif dans la lutte pour la protection de l'environnement. Mais montrer sur le grand écran ces paysages idylliques a également des conséquences négatives sur leur propre territoire car il peut provoquer un « effet d’appel » du tourisme de masse. En ce sens, il existe de nombreux exemples de films qui ont contribué à l'augmentation des visites touristiques, nous pensons notamment à la trilogie de Le Seigneur des anneaux ou à sa suite Le Hobbit et la découverte des paysages de la Nouvelle Zélande. Cette augmentation du tourisme pour découvrir les décors naturels d’un film, phénomène connu sous le nom de movie tourism, provoque un impact économique, culturel, mais aussi environnemental qui peut conduire à une dégradation de l’espace naturel dans lequel le film et les zones proches ont été filmé, si cela n’est pas bien géré.
En Suisse, nous trouvons un bon exemple du développement touristique avec l’histoire de Heidi. L’héroïne et son histoire sont devenues un symbole de la manière dont les gens du monde entier perçoivent la Suisse. Heidi évoque surtout de belles montagnes et de beaux paysages alpins et une vie épargnée par les soucis urbains. Mais c’est le dessin animé d’Hayao Miyazaki, produit en 1974, qui a séduit des générations entières de touristes japonais, venus en Suisse pour voir le vrai pays d’Heidi. Le dessin animé a été diffusé à la télévision partout dans le monde et il est devenu culte dans d’autres pays. Selon Hans-Jörg Müntener, directeur de l’office du tourisme de Maienfeld, le village où se déroule l’histoire d’Heidi, plus de 100'000 visiteurs se pressent chaque année pour un pèlerinage sur les terres de la petite orpheline, générant des retombées de l’ordre de 5 millions de francs pour la région. Près de la moitié des visiteurs viennent d’Asie et les touristes en provenance du Golfe se font de plus en plus nombreux depuis trois ans.
Un dernier long-métrage sur Heidi a été filmé récemment dans les Grisons en 2014. Distribué par la compagnie Disney (comment pourrait-il en être autrement ?), sa sortie dans les salles suisses a été un grand succès, du point de vue économique, culturel, touriste…. et environnemental ? Le temps nous le confirmera… !

2.2 La Disneylandisation des Alpes
L’hypothèse d'une Disneylandisation progressive de la montagne est formulée pour la première fois vers les années 1990. Bernard Crettaz, le célèbre sociologue et ethnologue suisse, fait scandale à l'époque avec son film « L’Adieux aux Alpes » et sa publication Au-delà du Disneyland alpin, où il oppose la représentation des Alpes comme espace présumé pur, sauvage et intact dans sa primitivité à la fabrication des multiples parcs d'altitude, sous la forme de Disneylands. On est obligé à admettre les nombreuses mutations que la montagne et le monde montagnard ont subies, bricolant sans cesse du moderne et de l'archaïque authentique. Les causes : une urbanisation générale, une « turistification » totale et une grande médiatisation.
Mais qu’est-ce que c’est exactement le Disneyland alpin ? C’est un mélange entre le n’importe quoi de ce qu’il appelle « la folle montagne », expression ultime des Alpes terrain de jeu et le contraire sage du n’importe quoi, le côté modèle des Alpes mesurées, équilibrées qui ressemblent aux images de la montagne de toujours.
Bernard Crettaz s’interroge également sur le rôle qu’on a laissé à la culture en général et à celle des Alpes en particulier, car « nous assistons à des formes d’expression qui ne constituent plus des enjeux mais relèvent du seul divertissement ». Du même avis est le philosophe Yves Michaud qui explique qu'après deux siècles de sacralisation culturelle, nous sommes arrivés à un tournant considérable : celui du divertissement culturel, dont le tourisme est l'une des conséquences. Le touriste n’a pas une bonne presse dans le milieu culturel : il est souvent caricaturé et perçu comme un destructeur qui use et détruit les monuments qu’il visite, génère des équipements coûteux, pollue et ne comprend pas ce qu’il voit. C’est ce que le philosophe Yves Michaud appelle « l’envahisseur qui paye » (2006 : 29). Le touriste qui visite les Alpes va à la recherche d’une identité, bien sûr. Mais laquelle ? Cela débouche presque toujours sur la fabrication de stéréotypes qui finissent par être plus vrais que la réalité. Le tourisme stimule donc une production plus ou moins authentique de culture. Il permet même de réinventer les identités : « Les stéréotypes ont parfois des effets inattendus. Cela permet de redécouvrir ou de réinventer une identité. Car il ne faut pas oublier l’importance du regard de l’autre dans la formation des identités » (2005).
Un exemple plus précis serait le projet envisagé dans le village de Heidi ou Heidiland. Le roman de Johanna Spyri, traduit depuis plus de 40 ans et publiée à plus de 20 millions d'exemplaires, a donné naissance il y a quelques années à cette petite folie touristique. Ils ont récrée un monde romantique et alpin, entre Bad Ragaz et Coire. Et voici comment on vend la visite de ce célèbre village dans une page touristique suisse :
Dans le village de Heidi, les visiteurs peuvent revivre l'histoire de la joyeuse petite orpheline proche de la nature dans les lieux mêmes qui l'ont inspirée et se plonger dans l'époque à laquelle elle a été créée. Le chemin de Heidi mène à la maison de Heidi et à l‘alpage de Heidi à travers des paysages idylliques.

Des paysages idylliques ? Il résulte difficile à y croire d’après les propos de Alain Gsponer, metteur en scène du dernier film qui vient d’être présenté sur cette héroïne : «Il a été très difficile de trouver le lieu adéquat, explique encore Alain Gsponer. Aujourd’hui, il n’existe plus un alpage qui ne soit pas électrifié, plus un champ sans pylône. C’est finalement autour du village de Bad Ragaz que nous avons tourné les scènes de montagne, en faisant disparaître, ensuite, sur la pellicule, les éléments parasites ». Mais ce n’est pas tout, car il existe même un projet de parc d'attractions sur le thème de Heidi combinant manèges et nature. En effet, des représentants de Heidiland et du «village de Heidi», ainsi que les remontées mécaniques de Grüsch-Danusa, se sont rencontrés de manière informelle pour un échange d’idées.
Est-ce que le patrimoine culturel des Alpes est devenu un simple et passionnant divertissement touristique ? Si on revient sur les propos de Bernard Crettaz, on doit constater que, trente ans plus tard, ce qu’il vaticinait est devenu une réalité : jouer, s’amuser, consommer. Voici le lien qu’on a aujourd’hui avec le patrimoine, car « tout ce qui a fait votre vie revient comme un grand jeu à l’ancienne : vieilles maisons, vieux outils, vieilles fêtes, vieux rituels, vieux récits, vieilles légendes… Et si l’on n’a pas de vrai vieux, on fabrique du faux vieux qu’on mélange avec tout et n’importe quoi. […] tout est bon pour jouer un moment avec un passé-amusette ! (1994 : 16)

CONCLUSION
D’après l’ONG WWF, près de 120 millions de personnes visitent chaque année les Alpes. Il est grand temps de prendre de mesures pour un développement du tourisme plus responsable, en particulier du tourisme de masse, qui a contribué notablement à la destruction du paysage alpin ces dernières années. L’urbanisation, la construction d’infrastructures (routes, remontées mécaniques, parkings, etc.), le trafic routier et les activités de loisirs peu respectueuses de la nature font disparaître de précieux paysages naturels et culturels et avec eux, la faune et la flore qu’ils hébergent, mais aussi la propre culture de la montagne. Le cœur d’un village cesse de battre lorsqu’il est saturé des constructions qui évoquent d’avantages les banlieues des villes que les sites agrestes.
Les touristes, dans la plus grande majorité, demandent en plus des équipements sportifs tout ce qui peut les rassurer confort et distractions : boutiques, cafés, garages, parcs, parkings, self-services, etc. La ville à la montagne mais avec des illusions de village ! Nous disposons donc aujourd’hui, dans la haute montagne suisse, de toutes les modernités souhaitables et, également, de ce retour à l’ancien. Et puis, le métissage, le mélange entre les deux, le « n’importe quoi » dont le sociologue Bernard Crettaz nous en parlait avant. Evidemment, ce mélange de modernité et d’ancien peut provoquer des conflits entre ceux qui regrettent l’ancienne montagne, l’ancien mythe de la montagne primitive, et ceux qui veulent la développer : les promoteurs. De nos jours, il y a toujours en montagne des conflits, des cassures, des déchirements qui provoquent parfois du désordre. Mais on doit trouver le juste milieu : réintégrer le retour du vieux, de la nostalgie perdue avec les éléments technologiques nouveaux ; réintégrer les réserves naturelles, les sites écologiques et les zones protégées ; réintégrer les grandes expositions venues du monde entier et les festivals de toutes sortes qui sont devenus les nouvelles fêtes alpestres. Car, si nous ne prenons pas garde, les Alpes suisses vont s’apparenter de plus en plus à un univers artificiellement mis en scène, où l’on fera de la nature un simple bien de consommation et de la haute montagne un simple parc d’attractions. Jusqu'où peut-on réaménager les montagnes pour le tourisme sans toutefois les dénaturer ?


BIBLIOGRAPHIE
De Haller, Albrecht (1995) Les Alpes. Genève : Ed. Zoé. Coll. Mini-Zoé.
Chappaz, Maurice (1994) Les Maquereaux des cimes blanches. Carouge : Editions Zoé.
Crettaz, Bernard (1994) Au-delà du Disneyland alpin. Ivrea : Priuli&Verluca (Eds).
Engel, Claire-Eliane (1930) La Littérature alpestre en France et en Anglèterre aux XVIIIè et XIXè siècles. Chambéry : Librairie Dardel.
Hofmann, Blaise (2007) Estive. Genève : Ed. Zoé.
Michaud, Yves « Au-delà des défis du tourisme culturel », La Revue Nouvelle, n° 1-2 / janvier-février, 2006, pp 22-32.
--,  « Il ne faut pas oublier que le touriste, c'est toujours l'autre... », Le Monde, 11 aout 2005.
Ramuz, C.F. (1967) Les circonstances de la vie in Œuvres Complètes. Lausanne : Ed. Rencontre. T. II.
--, (1968) Journal in Œuvres Complètes. Lausanne : Ed. Rencontre. T. XX.
Reymond, Evelyne (1988) L’Alpe romantique. Presses universitaires de Grenoble, collection l’Empreinte du temps.
Rod, Edouard (1897) Là-Haut. Bibliothèque Numérique Romande : Les Bourlapapey. www.ebook-bnr.com
--, (1901) "La montagne suisse", in P. Seippel, éd., La Suisse au dix-neuvième siècle, t. 3. Lausanne, F. Pavot : 397-424.
Roure, Benjamin, de Roux, Emmanuel, « Le tourisme contre la culture ? », Le Monde, 11 août 2005, p. 13 et 18.
Rousseau, Jean-Jacques (2002) La Nouvelle Héloïse. Paris : Gallimard. Coll : Livre de poche.
Stucki Erwin, Rognon Pierre (1998) La vallée des Ormonts face aux changements climatiques et aux catastrophes naturelles. Georg éditeur.
Worster, Donald, The Wealth of Nature : Envirommental History and the Transition to a logical Imagination. New York : Oxford University Press.

Communication présentée lors de la Journée d'Études "Crise écologique et ré-création artistiques", célébrée à l'Université de Savoie Mont-Blanc le 18 novembre 2016.




[1] L'historien suisse Aegidius Tschudi a écrit en 1538 le premier Traité sur la géographie de l'Alpes Rhétiques ; ou Jost Murer la première gravure en bois de la carte du canton de Zurich en 1566.
[2] La mise en évidence des dangers encourus par l’environnement ne débouche pas encore sur une véritable attitude écologique au sens actuel du terme, mais plutôt sur le réveil d’une nostalgie de l’harmonie, d’ordre fondamentalement esthétique.
[3] En 1905, l’association du Heimatschutz (Ligue pour la conservation de la Suisse pittoresque) voit le jour sur le modèle allemand de 1904, ainsi que la Ligue pour la Protection de la Nature quelques années plus tard, en 1909, dont l’objectif est la protection des paysages suisses face aux absurdités du modernisme. La nature et tout particulièrement les Alpes occuperont une place centrale par la fonction identitaire qu'elles représentent pour la Suisse.
[4] pivert-de senancour, E. (1804) Oberman. Paris: Flamarion (2003).
[5] Elle met en scène un entrepreneur américain et un ingénieur français qui désirent construire un chemin de fer au Cervin. Mais en essayant d’escalader le sommet, l’ingénieur chute mortellement en raison de son inexpérience du milieu alpin. Morale de la pièce écrite par ce journaliste qui a travaillé à La Gazette de Lausanne: ne touchez pas aux symboles suisses!
[6] Entretien réalisé à M. Chappaz en 1977. On peut l’écouter: http://www.swissinfo.ch/fre/multimedia/video.html?siteSect=15045&ne_id=10208679&type=real
[7] Le Confédéré, mardi 13 avril 1976. Article: “Le cri du poète qui dérange”, par M. J. Luisier.
[8] Le Confédéré, mardi 9 mars 1976. Article : “Exclusif! Maurice Chappaz parle de son livre: Les Maquereaux des cimes blanches », par M. J. Luisier.
[9] Le réseau Pro Vita Alpina est une association pour le développement culturel, social, écologique et économique des Alpes. Fondé en 1972 comme groupe de travail suisse, il devint en 1989 un réseau international regroupant tous les pays alpins d’Autriche, d’Italie, de Suisse, de France et de Slovénie.
[10] "L'initiative des Alpes" (iniziativa da las alps en romanche) est une association suisse pour la protection des Alpes. L'association a été créée à la fin des années 1980 lorsque des écologistes de la région du Saint-Gothard ont lancé une initiative populaire visant à réduire la traversée routière des Alpes pour le transit. L'initiative intitulée « Pour la protection des régions alpines contre le trafic de transit » a été acceptée en votation le 20 février 1994.
[11] Leysin vit son épopée de station climatique et réussit sa conversion en lieu de vacances dans les années 1960 (Stucki-Rognon 1998: 25).

martes, 25 de octubre de 2016

EL VALAIS: DE LA CONSTRUCCIÓN DE UN MITO A LA DECONSTRUCCIÓN DE UN PAISAJE. UN EJEMPLO DE ECOMITOCRÍTICA

Dra. Montserrat López Mújica
GIECO-ACIS&GALATEA- UAH

Le Valais a le Cervin pour mesurer le ciel
et le Rhône pour mesurer la terre (C.F. Ramuz)

Pays où tout s’oppose sans cesse, le doux et l’amer,
 le vieux et le neuf, le tendre et le rocheux.
Pays de la vigueur et de la mollesse, de l’eau et du vin,
 de la mort et de l’amour (Maurice Zermatten)

Resumen

El mito de una Arcadia helvética alpina obtiene una dimensión internacional con la obra de Jean-Jacques Rousseau, La Nouvelle Héloise (1761). Su protagonista, Saint Preux, se siente transportado por el esplendor de los paisajes del Valais: los bosques, los lagos, los pastos florecidos; conquistado por las gentes del lugar, por su hospitalidad, sus costumbres y su vida sencilla, alejada de los lujos y el dinero. Nace así, en el siglo XVIII, el mito del Valais que va a perpetuarse hasta bien entrado el siglo XX.
El Valais de las terrazas de viñedos, de los colores intensos como el azul del cielo y del lago de Ramuz, de los senderos y de las fragancias de la montaña de Maurice Chappaz, no deja indiferente a todo aquel que lo visita y que lo habita. El paisaje está fuertemente unido a la identidad de esta región, y si éste fue un elemento de reclamo en el siglo XVIII, hoy se ha convertido en un componente económico preponderante con el turismo. Sin embargo, la gestión actual del territorio en este cantón levanta muchas controversias y pasiones. Lejos queda ya la famosa cita: "L'or apporté par les étrangers n'a point encore ébloui le montagnard"[1] si nos atenemos a la transformación de algunos de sus pueblos y aldeas en la montaña. Existe sin embargo un componente emocional, una dimensión afectiva, un cierto arraigo u orgullo de las gentes del lugar que están replanteándose la explotación de sus recursos naturales y de su espacio vital. Preservarlo es hoy una preocupación mayor: la tierra, principal recurso de las regiones de montaña, permitió durante muchos siglos alimentar a las familias del Valais. Hoy esos campos cultivados han sido sustituidos por la cultura del turismo. Sin embargo, se sigue vendiendo una imagen asociada a la montaña. El valor de un destino depende directamente de la calidad de sus paisajes. Qué quedará del paisaje mítico del Valais si esta tendencia continúa.
En esta comunicación analizaremos los mitos del Valais y las consecuencias derivadas que estos mitos han provocado en el paisaje desde una perspectiva ecocrítica basándonos en las obras de los escritores más relevantes del propio Valais.

INTRODUCCIÓN
En los siglos XVII y XVIII, el mito de una Arcadia helvética se crea y se trasmite gracias a las innumerables obras de artistas, pintores y escritores[2]. En ellas se evoca un país con una naturaleza auténtica y salvaje, poblada por pastores que gozan de una gran independencia y libertad. Como nos indica el profesor Daniel Maggetti:
Suiza se convierte en la tierra bendita del retorno a los felices orígenes. Supervivencia de la Arcadia perdida, en muchos sentidos juega un papel análogo al de los lugares exóticos, a la vez horizonte de huida y refugio protegido; pero también su organización interna se relaciona con frecuencia con la de las ciudades antiguas (Maggetti 1999: 74).

Es la imagen de un mundo en el que la montaña-paraíso se convierte en la obra maestra de la naturaleza bajo el doble aspecto de un nuevo paradigma del universo y de un pueblo de pastores que ha sobrevivido a la Edad de Oro en una montaña-Arcadia y una Suiza-Arcadia[3]. Este mundo noble, aunque de gran rudeza, con una población sencilla e independiente forja además la idea de un "carácter nacional suizo” que se anclará en la conciencia colectiva del país, y sobre todo del Valais, como veremos más adelante[4]. En el siglo XIX se mantiene vivo este mito gracias a la construcción de un paisaje basado en imágenes de Épinal[5] y a su difusión por todo el mundo. Es el tiempo de la conquista de las altas cumbres por el alpinismo moderno, pero también del culto por las pequeñas cimas gracias a los nuevos y modernos servicios de innovación técnica, como por ejemplo el ferrocarril, y una fuerte capacidad de inversión. Se desarrolla también la idea de la montaña-salud (se construyen así multitud de sanatorios en la alta montaña), que acompaña todo un imaginario sobre los beneficios de la altitud, del aire sano de las montañas, de los efectos casi milagrosos del sol y de los paseos al aire libre, todo un combinado de beneficios terapéuticos y morales.
Además de desvelarnos la representación de la montaña-energía a través de la construcción de grandes presas y embalses, el siglo XX exagera el imaginario histórico de los Alpes, llegando a su más alto apogeo. Suiza se convierte así en una auténtica fortaleza con sus defensas naturales y los Alpes en una doble vía de salvación gracias a su defensa militar y espiritual. Esta idea de protección, gracias a su relieve, la encontramos en casi todas las épocas, pero llega a su apoteosis durante la Segunda Guerra Mundial: los Alpes representarán la última muralla, el “réduit national”[6] como lo nombraron en su época los militares (Walter 1991: 92). El Presidente de la Confederación, Philipp Etter, en 1939 lleva la defensa de los Alpes a su máxima culminación.
El discurso sobre la nación suiza, ya se trate de políticos, de historiadores o de artistas, converge hacia un consenso que es la base del sentido de la identidad nacional, compartido por todos, independientemente de su idioma o de su religión: el país es el resultado de la naturaleza que lo constituye, de los Alpes y de lo que representa su corazón: el macizo de San Gotardo. Ni el Cervino ni otra montaña de Suiza tiene el mismo valor simbólico que el de este macizo: cuna de la Confederación Helvética, centro de los Alpes, encrucijada de pueblos y culturas, lugar de nacimiento de los grandes ríos de Europa y símbolo de la independencia, de la cohesión y de la identidad del país. El nacimiento de este otro mito, el del Gotardo, se desarrolla durante la Ilustración junto al mito del pastor de los Alpes como un prototipo de la auténtica Suiza.
La identidad nacional suiza se basa en “el mito de la montaña”, y por consiguiente, el auténtico suizo tiene que ser aquel que vive en la montaña. Toda la historia helvética resulta así representada bajo el enfoque de una utopía histórica y topográfica específica. Los pastores y la montaña se convierten en los elementos que constituyen la nueva identidad helvética, como se constata en Heidi (1880), la heroína de Johanna Spyri. Desde las cumbres se puede divisar el país, se rompe con la monotonía de la ciudad y se produce un acercamiento a Dios. La montaña cumple así con dos funciones: símbolo de identidad y, además, altar divino (Lopez-Mujica, 2012: 33-34)

Con la llegada de las estaciones en las montañas, que generaliza la civilización turística, comienza el decline del mito arcadiano de los Alpes, que paradójicamente se intenta mantener en Valais gracias a la imagen de una montaña-reserva de la Naturaleza con una biodiversidad excepcional. En la actualidad, una mayoría de suizos pretende reavivar el mito de los Alpes purificadores y de reserva natural. Pero esta actitud, según el sociólogo suizo Bernard Crettaz, está fundada sobre una visión arcaica. Los paisajes del siglo XXI ya no tienen nada que ver con los descritos en La Nouvelle Héloise de Rousseau. Sobre todo, cuando son los chalets tipo tirolés los que dominan mayoritariamente el horizonte, creando un paisaje ficticio, allí donde nunca existieron. La vida en el campo, las vacaciones en la montaña, la producción de energía: se pide demasiado a los paisajes. Y se arruina aquello que más gusta.
La révolution urbaine de la montagne, la matérialisation des parcs et des Disneylands ont cassé le mythe de la montagne-paradis. Il faut donc un grand rite collectif pour en faire le deuil et accepter la mort, dire adieu au mythe des Alpes et assurer le passage vers un “autrement” (Crettaz 1999: 35).
Algo que parece difícil todavía, ya que en Valais se sigue vendiendo una imagen turística de paraíso a través de sus reclamos publicitarios ¿qué queda pues del mito arcadiano en la actualidad? Es lo que vamos a tratar de explicar en esta comunicación.

1.      El Valais, la nueva Arcadia

1.1 Orígenes literarios

La riqueza de sus originales y auténticos paisajes, sus pintorescas costumbres, la rudeza de la vida en la montaña, el cantón del Valais ha inspirado siempre a una pléyade de célebres escritores, todos ellos enamorados de la naturaleza, de su silencio, de sus colores, convirtiéndose así en el lugar ideal para los naturalistas. Todo comienza con el poema panegírico Les Alpes de Albrecht von Haller (1708-1777). Este médico naturalista compone un largo poema lírico en honor a su país y a sus habitantes al mismo tiempo que pasea por las montañas para estudiar su flora. Tiene 20 años y todavía duda entre la ciencia y la literatura. Es por lo tanto una obra de juventud, pero que tuvo un éxito inmediato. Los lectores familiarizados por los paisajes ordenados de los jardines a la francesa, descubren los valles repletos de flores, los bosques, las cascadas y los lagos. Y aunque dedica algunos versos a los glaciares, Haller, no describe ni las cumbres, ni los precipicios, ni las abruptas agujas: todavía son considerados lugares inhóspitos. La montaña que describe es la de los altos pastos. Pero ante todo sabe expresar las virtudes de la vida en la montaña, la honesta simplicidad de sus habitantes frente a la corrupción de los habitantes de las ciudades. Rinde así homenaje a sus compatriotas, cuyo aislamiento en la montaña ha preservado de las perversiones de la ciudad: la vida igualitaria, sencilla, frugal de los pastores suizos nos remonta a la Edad de oro de la antigüedad. Este poema, que se inspira de las Metamorfosis de Ovidio, postulaba que una edad de oro existió siempre en las montañas suizas donde vivía una sociedad ideal, libre, sana y sencilla. En realidad, esta época dorada que evoca Haller en su poema solo existía en su mente pero eso no impedirá el nacimiento del mito alpino, del que participarán a partir de entonces todas las generaciones.
Sin embargo, Los Alpes de Haller no hubiesen tenido tanta influencia sin el pensamiento de Rousseau que se desarrolló un poco más tarde. Así comienza a construirse el mito de una Arcadia helvética alpina, que obtiene su dimensión más internacional con la obra La Nouvelle Héloise (1761), de Jean-Jacques Rousseau. La publicación de esta novela epistolar, marca una nueva etapa. En ella encontramos los temas más queridos por J. J. Rousseau. Pero es el paisaje de la montaña el tema que más llama la atención al lector de la época. “Je m’aperçois que ce pays ignoré mérite le regards des hommes, et qu’il ne lui manque, pour être admiré, que des spectateurs qui le sachent voir” (Rousseau 2002: 126). La sensibilidad de Rousseau se traduce en la novela bajo la forma de un sentimiento de amor por la naturaleza.
Rousseau no busca lo pintoresco, lo que le interesa es la influencia que tiene la naturaleza, su armonía, y esos misterios que unen el paisaje con los sentimientos. En su Lettre XXIII describe así el contraste que producen las montañas, mezcla de inquietud y exaltación : “Imaginez la variété, la grandeur, la beauté de mille étonnants spectacles : le plaisir de ne voir autour de soi que des objets tout nouveaux, des oiseaux étranges, des plantes bizarres et inconnues, d'observer une autre nature, et de se trouver en quelque sorte dans un nouveau monde” (Rousseau 2002 : 131).
Saint Preux, el protagonista, realiza un viaje por la región del Valais y se lo relata a Julie en la Lettre XXIII de la primera parte. El Valais es un lugar tranquilo donde los prejuicios no parecen existir. El joven amante sueña con un lugar parecido para él y su compañera, libre de la autoridad parental. Se siente transportado por el esplendor de los paisajes: los bosques, los lagos, los pastos florecidos; se siente conquistado por las gentes del lugar, por su hospitalidad, sus costumbres y su vida sencilla, alejada de los lujos y el dinero. Se puede percibir aquí la influencia de Albrecht von Haller, al que Rousseau leyó y con el que se identifica plenamente. La montaña que Rousseau describe es la de Haller, las montañas del Valais se convierten en una mítica Arcadia.
Je gravissais lentement et à pied des sentiers assez rudes (...). Je voulais rêver, et j’en étais toujours détourné par quelque spectacle inattendu. Tantôt d’immenses roches pendaient en ruines au-dessus de ma tête. Tantôt de hautes et bruyantes cascades m’inondaient de leur épais brouillard. Tantôt un torrent éternel ouvrait à mes côtés un abîme dont les yeux n’osaient sonder la profondeur. Quelquefois, je me perdais dans l’obscurité d’un bois touffu. Quelquefois, en sortant d’un gouffre, une agréable prairie réjouissait tout à coup mes regards (2002 : 129).

Esta obra se convierte a su vez en fuente de inspiración para otros poetas que vendrán al Valais atraídos por los hermosos escritos de Rousseau, repletos de bellas descripciones sobre paisajes alpestres. El viaje a los Alpes se transforma en una moda y en una terapia tanto para el cuerpo como para el alma, y la fascinación por la montaña se transforma a partir de entonces en verdadera pasión. Suiza aprovecha este entusiasmo y organiza una verdadera industria del souvenir, que acoge como clientes a numerosos viajeros, la mayor parte británicos y franceses, cuyo último destino es Italia. Su objetivo:
Connaître, appréhender par le contact direct ce pays primitif pratiquement inconnu des milieux cultivés, découvrir non plus l’Arcadie des Antiques légendes, mais une région et une réalité géographique, tel était désormais l’objectif (Schaller 1982 : 9)

Y así, mientras ese país se convierte en una especie de Antigüedad difunta, Rousseau describe el Valais como si se tratara de la misma Arcadia. De este modo, los jóvenes aristócratas ingleses que vienen a perfeccionar su cultura clásica en Italia, se detienen en Suiza y sueñan ante ese nuevo Olimpo que son los Alpes. Aprovechan también para visitar a Rousseau y a Voltaire instalado en Lausana, y más tarde en Ginebra. El memorialista escocés James Boswell, el historiador Gibbon, Horace Walpone y, más tarde, Byron y los Shelley forman parte de estos ilustres visitantes. Entre los escritores franceses destacamos a Chateaubriand et son “Voyage en Italie”, Victor Hugo, Stendhal, Balzac, Georges Sand, entre otros. Todos ellos dejarán testimonio de sus estancias en diarios y cartas, y algunas de sus obras estarán inspiradas en estos paisajes (Byron y Shelley). El Valais y sus montañas se convierten así en tema literario, tanto en la prosa como en la poesía. Esta práctica llegará a ser una verdadera institución e incluso una fuente de ingresos para escritores como, por ejemplo, Théophile Gautier (1811-1872), Gerard de Nerval (1808-1855) o R. Maria Rilke (1875-1926):
Pays silencieux dont les prophètes se taisent,
pays qui prépare son vin,
où les collines sentent encore la Genèse
et ne craignent pas la fin.

Pays, trop fier pour désirer ce qui transforme,
qui, obéissant à l’été,
semble, autant que le noyer et que l’orme,
heureux de se répéter.

Pays dont les eaux sont presque les seules nouvelles,
toutes ces eaux qui se donnent,
mettant partout la clarté de leurs voyelles,
entre tes dures consonnes ! (Rilke 1989 : 197)


1.2 Los Alpes en la Literatura de viajes

El relato de viajes, que se desarrolla a finales del XVIII, se convierte en género literario a comienzos del XIX. En estas obras encontramos la idea de que la belleza de la naturaleza creada por el hombre es la consecuencia de la belleza de sus habitantes. Esta es la herencia que dejan escritores como Rousseau o Bernardin de St-Pierre. Entre 1800 y 1820 se publican más de cuarenta obras, en las que los Alpes juegan un papel importante en la intriga del relato, pero todavía son sólo considerados un decorado. Citamos aquí la obra de Etienne Pivert de Sénancour (1770-1846), Rêveries sur la nature primitive de l’homme (1799) y Oberman (1804). En esta última obra, la fascinación que ejercen los Alpes se expresa a través de descripciones sencillas (el estruendo de las cascadas, el rugido del viento en los abismos).
Con Rodolphe Töpffer (1799-1846), aparece una nueva visión de los Alpes. Este escritor suizo nacido en Ginebra dirigía su carrera artística hacia la pintura, pero tuvo que renunciar a causa de un defecto en la vista. Se especializó entonces en literatura de viaje. Sus obras tuvieron un enorme éxito en vida del autor y en la actualidad continúan reeditándose. Citemos aquí Les nouvelles Genevoises en 1841 y sobre todo los Voyages en zigzag en 1843.
Töpffer, es el retorno a la sencillez. La especificidad del viaje a los Alpes es el retorno a los orígenes, que sólo puede hacerse de forma natural, es decir, a pie e individualmente. Es el medio para cultivarse que Töpffer más practicó. Critica al turista ridículo que únicamente visita aquello que le han dicho, a menudo sin bajarse del coche, y que es incapaz de ver el verdadero encanto de la belleza alpestre. Töpffer posee el gusto de la observación atenta, precisa, aunque la agudeza de su mirada jamás inhibe el ímpetu de su sentido estético. Su sensibilidad y su inteligencia juegan un papel importante frente al miedo que sentía a veces por la naturaleza alpina. Esto se traduce en una serie de cuadros que jalonan la obra, van a lo esencial, a la atmósfera típica del lugar evocado.
Su obra gusta por su aparente facilidad y su ausencia de pretensión. Con Töpffer, la montaña cesa de ser un mito. Ya no es el lugar ideal de la contemplación "romántica", sino que se convierte en un terreno propicio de aprovechamiento, para la realización de viajes y la práctica del alpinismo.
Una mención especial tiene aquí la obra de Alphonse Daudet, Tartarin sur les Alpes (1885), una irónica crítica hacia Suiza. El autor ridiculiza a los alpinistas, al “Club des Alpines”, y sobre todo, al propio país, sus fiestas locales, sus siniestros hoteles donde se “roba honradamente”, la morgue en la que se ha convertido el mítico San-Gotardo, sus circuitos (ya) superequipados con trenes a cremallera, ironiza con ese remanso de paz en el que a uno se deja retener tan fácilmente.
La montaña se transformará a partir de ahora en un espacio de entretenimiento y juego para el hombre. A partir de la segunda mitad del siglo XIX, los alpinistas van a justificar cada vez menos sus ascensiones por consideraciones de orden científico o romántico, apartándose así de sus contemporáneos en su relación con la montaña. Esta evolución comienza durante el periodo considerado como la edad de oro del alpinismo (1855-1877), en el que algunos pioneros, sobre todo ingleses asistidos por guía locales, van a conquistar todas las grandes cimas de los Alpes. La montaña se convierte así en un objeto de consumo turístico, que conllevará graves consecuencias sobre el medio ambiente.


2.      El turismo, el progreso y la transformación del paisaje (Rod/Ramuz/Chappaz)

A finales del siglo XIX, el paisaje suizo experimenta una serie de transformaciones como consecuencia directa del progreso, de la urbanización y de la industrialización. Los efectos degradantes que la acción humana lleva a cabo sobre la naturaleza despiertan las conciencias de hombres y mujeres que lucharán por proteger el medio ambiente y el modo de vida tradicional del campo, seriamente amenazados por los adelantos técnicos y los efectos perversos de la modernidad. Estamos frente al eterno dilema provocado por los dos conceptos antagonistas de la naturaleza: uno obsesionado por aprovechar al máximo los recursos naturales y el otro preocupado por salvaguardar  el valor estético del paisaje. Esta primera advertencia de los peligros a los que el medio ambiente se exponía es lo que François Walter ha calificado de pré-écologie[7], porque no conduce a una verdadera actitud ecológica, sino que se trata más bien de la evocación nostálgica de cierta armonía, de orden fundamentalmente estética. Todavía estamos lejos de la noción de gestión racional de los recursos naturales, como se concibe en la actualidad. Se trata, sobre todo, de la protección puntual de ciertos elementos paisajísticos, de una especie concreta de animal o planta.
El movimiento que se crea para proteger los objetos naturales participa de la misma idea de protección de los objetos culturales. A principios del siglo XIX, comienza a surgir la inquietud por el “patrimonio”, una noción fuertemente vinculada al patriotismo. Aparecen en Europa las primeras instituciones, públicas o privadas, para la protección y conservación de monumentos históricos. Y esta preocupación hacia ciertos monumentos amenazados se extiende a los objetos naturales. El patrimonio, la memoria de un país, no sólo se encuentra en la arquitectura y la arqueología, también abarca los elementos paisajísticos. El resultado de todo esto es la aparición en Europa, a principios del siglo XX, de multitud de asociaciones nacionales de protección de parajes y paisajes. Se siente la influencia alemana del concepto de protección: el Heimastschutz, que combina la conservación de monumentos con la protección de la naturaleza, integrando al mismo tiempo la salvaguardia de las tradiciones populares. En Suiza, la movilización para la protección del patrimonio natural se pone en marcha muy pronto: las implantaciones hidroeléctricas y los modernos medios de comunicación, las infraestructuras requeridas para el turismo o peor aún el ferrocarril, dejan huellas visibles en el paisaje alpino, que era considerado hasta entonces como auténtico.
El idílico paisaje de los Alpes comienza a sufrir graves modificaciones. Los escritores suizos de expresión francesa ponen su pluma a disposición de la defensa de una naturaleza que forma parte de su propia identidad y que siempre ha sido marco referencial en sus obras:
La plupart des écrivains romands sont des gens attachés à leur pays, à leur terre, à l’endroit où ils vivent. C’est pourquoi ils ont souvent décrit des paysages  caractéristiques de la Suisse romande : les montagnes du Valais, les vignobles du lac Léman, les plateaux jurassiens. Mais le rapport que les écrivains entretiennent avec leur pays est à l’opposé d’un sentimentalisme folklorique. Bien qu’ils parlent souvent de leur ‘pays’, ils ne sont pas des écrivains régionalistes. Pour eux, le ‘pays’ représente beaucoup plus qu’un paysage : c’est le lieu – ville ou campagne – où on a ses racines, c’est une partie acceptée ou refusée. Il est peut-être difficile de se sentir Romand, puisque la Suisse romande n’est ni une nation ni même une région bien définie. Pour les écrivains romands, écrire sur leur ‘pays’, c’est toujours parler en même temps de leur identité problématique (Gérald Froidevaux, Ecrivains de Suisse romande, Klett et Balmer 1994 : 11).

El escritor Edouard Rod (1857-1910), vaudois instalado en París, condena en su novela Là-haut (1897) la explotación que el universo alpino del Valais de su época comienza a padecer, promoviendo la deformidad y la destrucción de los modos de vida ancestrales. El choque entre el mundo del turismo y el mundo auténtico de la montaña se muestra perfectamente en esta novela. Narra las transformaciones de un mundo rural bajo la presión del turismo que promete inversiones lucrativas - hoteles, restaurantes, trenes. El protagonista del relato, Julian, será testigo de la dura batalla entre conservadores y progresistas, entre los inversores y los partidarios del “viejo país”. Aunque Julien no interfiere en el conflicto, se adhiere a una ideología que satisface la pertenencia a "esta antigua tierra" (Rod 1997: 96) de la que es originario. Ambas partes compiten por hacer valer sus argumentos: del lado progresista, el promotor Rarogne, y del lado conservador los viejos aldeanos suizos y, sobre todo, Volland, intelectual y profesor en Vallanches. A los argumentos patrióticos y sentimentales - el apego a una tierra cuyas tradiciones han asegurado la independencia - Volland añade, para defender los valores del pasado, una visión poética y romántica: rechazando el utilitarismo de Rarogne, para quien las montañas son "una materia prima explotable” (84), defiende la belleza de lo inútil, por la grandeza poética de una naturaleza relacionada con un tiempo inmemorial. En otra obra titulada La Suisse au dix-neuvième siècle, Rod introduce poéticamente el dominio cada vez mayor de las compañías eléctricas sobre los recursos hidráulicos y describe el comienzo de una nueva industria: “Elle se glisse sur les pas d’un personnage très ‘fin de siècle’, colporteur d’une nouvelle espèce, mercanti fantastique, spéculateur imperturbable et matois: le marchand de cascades” (Rod 1901: 421).
Hélas ! le temps n'est pas loin où l’on ne verra plus de « villages suisses » que dans les expositions, comme on ne voit déjà presque plus de meubles anciens que dans les musées ou chez les antiquaires. La création de ces « stations », qu'une publicité bien entendue met aussitôt à la mode, est suivie, à bref délai, de la construction de chemins de fer, et l’on sait les montagnes illustres dont les sommets ne sont plus que des gares (Rod 1901 : 419)

Rod pronostica acertadamente lo que ocurrirá años más tarde con los paisajes típicos de su país: “on peut pourtant se demander ce qui subsistera, dans un demi-siècle, de la Suisse pittoresque” (Rod 1901: 420).
El escritor vaudois, C.F. Ramuz (1878-1947), sin tomar la vía del militarismo, contribuirá tanto o más, a sensibilizar con su obra a los lectores sobre la fuerza y el misterio que emanan de la montaña. Como un testigo más de estas fuertes transformaciones de los paisajes alpinos, Ramuz muestra su apoyo al movimiento de protección de la naturaleza atacando duramente a esa industria turística que ya había suscitado críticas muy severas. El Heimatschutz se opone ferozmente al proyecto ferroviario que pretende construir un teleférico en la cumbre del Cervino - la cima por excelencia del patrimonio poético universal -  hacia 1907[8]. En su Journal, fechado el 15 de septiembre de 1895, Ramuz se muestra contrario a la invasión de turistas extranjeros que sufre su país:
Il y a déjà assez en Suisse de ces aventuriers qui font fortune en attirant chez nous nos voisins dont ils vident les poches. Il me tarde de voir les Alpes purgés de ces fantoches embarrassants, armés de piolets, accompagnés d’une bande de miss en jupes courtes et d’une caravane de guides. Il me tarde de voir disparaitre le cosmopolitisme qui, non content de détruire chez nous les vieilles mœurs et les veuilles coutumes, tend chaque jour à dégrader notre peuple jusqu’ici si probe (Ramuz 1968 : 10).

Ramuz se manifiesta también en contra de los hoteleros helvéticos que llenan sus bolsillos mientras los campesinos ni siquiera pueden llevarse a la boca el pan que ellos mismos han sembrado. Les acusa abiertamente de conducir a su país a la ruina. El turismo de masas, ese que atrae a miles de personas, sobre todo en invierno a las estaciones, se presentaba pues como uno de los peligros que amenazaban el equilibrio de los espacios de la montaña; sin embargo, los intereses económicos estaban por encima de la desnaturalización de la belleza del lugar y se trataba de una industria, la del turismo, contra la que era muy difícil luchar:
Je voudrais voir en une seule nuit tous les hôtels détruits. Les hôteliers, on en fera des manœuvres, des ouvriers, des artisans. Ils seraient alors plus utiles à la Suisse, ils travailleraient à sa prospérité, au lieu de travailler à sa ruine, à sa perdition peut-être (Ramuz 1967 : 186).

Pero será Maurice Chappaz (1916-2009), la figura simbólica literaria por excelencia del Valais, el escritor más crítico con esta nueva situación. Autor emblemático del fuerte sentido de arraigo, de la "comunión" de las gentes del Valais con su tierra natal, de la dimensión inspiradora del territorio y de la tentación nostálgica de unión a la identidad tradicional. Comprometido activista de la protección de la naturaleza del Valais, retoma casi un siglo después la misma causa. Junto a la que fuera su esposa, la escritora también valaisanne Corinna Bille, denuncia la destrucción de los bosques de Finges y de otros espacios saqueados por el ejército, pero sobre todo defiende sus queridas montañas amenazadas por los promotores y la siempre creciente industria turística. En Chant de la Grande Dixence (1965), relato corto que narra la vida de los mineros que trabajan en la construcción de una presa en el Valais, la de la Grande Dixence, hace también alusión a los trastornos ocasionados por el “progreso” que padecen la montaña, los paisajes de su querido cantón y sus habitantes frente a esa nueva producción de energía hidráulica que se desarrolla poco a poco en el Valais a partir de los años 1950. Junto al turismo, el desarrollo de las infraestructuras hidroeléctricas es el causante del cambio más radical en el paisaje alpino. A partir del siglo XX, estos dos fenómenos han evolucionado conjuntamente.
Si bien es cierto que este tipo de energía se considera limpia, fiable y sostenible, el precio ecológico que los paisajes y los ríos del Valais tuvieron que pagar fue muy alto. La construcción de una presa tiene efectos importantes para el medio ambiente. Una retención puede influir significativamente en el área donde se erige el río. Al bloquear el flujo natural de un río, un embalse afecta a la migración de peces, a las aguas subterráneas, a la calidad del agua y al transporte de sedimentos. Tampoco hay que ocultar los impactos negativos, tales como la captación de arroyos y cascadas que llevan a la desecación completa de algunos torrentes, robando con ello una cierta poesía al paisaje alpino.
En 1976, Chappaz escribe su obra más polémica, Les Maquereaux des cimes blanches, una enérgica y muy dura acusación contra los políticos corruptos y los constructores que provocará gran escándalo. Chappaz denuncia y anuncia la gran venta:
Oui. La grande vente! Et cela se doublé: il y a, d’une part, l’impatiente vente des terrains, avec l’enrichissement… provisoire, et puis il y a la vente de tout ce qui est sous-jacent à la vente des terres. A la fin, on vend aussi son esprit, on vend aussi sa propre âme. Et vendre son âme c’est perdre toute identité. Dans cette situation se trouve la Suisse entière (Chappaz 1976: 83).

La pérdida de la identidad va muy unida a la pérdida de ese paisaje mítico y auténtico del Valais. Vendida, prostituida, la naturaleza es despojada de su carácter sagrado, de su «misterio» que a veces se desvela a los sentidos y al espíritu del que la contempla. Los escritos de este visionario y adelantado ecologista, desencadenan una terrible campaña de prensa contra su obra, que sólo se verá compensada por la admiración y el apoyo recibido por parte de los estudiantes de Colegio de Saint-Maurice.









CONCLUSIÓN

Cabe preguntarse qué queda en la actualidad del mito de la Arcadia Suiza y de esos paisajes de carta postal alpinos que han hecho del Valais su reputación. Poco o casi nada, si escuchamos al sociólogo Bernard Crettaz[9]:
Tous ces imaginaires historiques se retrouvent au sein de kaléidoscope actuel et sont utilisés à toutes les fins commerciales, culturelles et politiques. Mais ils sont usés et fatigués, le vieux mythe des Alpes atteint sa fin (2013: 35).

Los Alpes se han convertido en un destino turístico mayor en estas últimas décadas, tanto a escala nacional como internacional. Las estaciones turísticas, como la de Verbier (en Valais), son un ejemplo claro de la modificación que han sufrido los típicos paisajes alpinos y no son quizás el mejor modelo a seguir si lo que se pretende es conservar la autenticidad del entorno[10]. Otros casos de destrucción de paisaje en el Valais directamente relacionados con la masificación del turismo son el sistema hidroeléctrico de Grimsel, los dominios esquiables de la Tête de Balme, el sistema auto-tren de Vernayaz y la línea de alta tensión St-Triphon-Chamoson. Este desarrollo extremadamente rápido del turismo no solo ha creado un impacto significativo sobre el paisaje geomorfológico de la región (Lambiel 2001), sino también le ha robado una gran parte de su identidad.
Maurice Chappaz, en una entrevista concedida en 1976, opinaba respecto a la “colonización” de Verbier:
Il y a cinquante ans Verbier appartenait aux gens de la Commune, qui y travaillaient, avaient un chalet, un mayen, - des cultivateurs. Avec les ventes et les grands travaux, les paysans se transforment en entrepreneurs, en ouvriers, en artisans, en employés dans l’hôtellerie. Ils entrent dans le confort. Mais à la prochaine étape, plus rien ne leur appartient et le terme de cette évolution, on le voit dans d'autres régions où cette colonisation est déjà plus ancienne, en Provence par exemple! (Chappaz 1976: 83)

Existe un antagonismo entre nuestra civilización técnica, -promotora del crecimiento, de la movilidad y del ocio-, y el espacio alpino, domesticado para ser rentable y productivo. Si los turistas vienen a descubrir la belleza de los Alpes (quieren llevarse consigo los tópicos con los que siempre han soñado: chalets decorados de geranios, praderas repletas de vacas y de pastos) ¿por qué este patrimonio paisajístico se encuentra hoy tan maltratado? El resultado es una inversión de la relación hombre – montaña. Esta, ha pasado de ser un elemento amenazante - como hemos visto al comienzo de esta comunicación-, a ser un elemento amenazado. Encontrar el equilibrio justo entre la identidad del cantón y la modernidad resulta actualmente muy complejo. Los diferentes intereses económicos están casi siempre por encima de los intereses de la propia naturaleza y del paisaje, y se corre el riesgo de transformar el cantón del Valais en un parque inmenso de atracciones. El interés por la imagen de los Alpes sigue en la actualidad muy vigente tanto en la literatura como en el cine. En la literatura con obras como la del suizo Blaise Hoffman o el francés Pascal Wick y el retorno al mundo del pastoreo. El cine ha producido recientemente películas en las que el paisaje alpino está muy presente: Heidi, Belle et Sébastien,…. Las imágenes también pueden ejercer una gran influencia sobre la forma de percibir nuestro entorno, aunque también pueden ejercer el efecto contrario, atrayendo a un mayor número de turistas. Si somos capaces de pensar en la naturaleza como algo vivo, que siente, y de reconocer nuestra profunda relación e interdependencia con ella, estaremos produciendo un cambio de mentalidad. La literatura, el cine, el arte en general, tienen la capacidad de conmover más que cualquier dato científico y ponen de manifiesto la responsabilidad que tiene el ser humano respecto a la crisis ecológica.

BIBLIOGRAFIA

Bozonnet, J-P., (1992) Des monts et des mythes : l’imaginaire social de la montagne. Presses Universitaires de Grenoble.
Chappaz, M. & Bille, C. (2003) Tu rapporteras l’Orient à Sion. Ed. Monographic.
Crettaz, B. « La Disneylandisation des Alpes » in Magazine Environnement 4/2013. Berne : Office Fédéral de l’Environnement. URL: www.bafu.admin.ch/magazine2013/4  [consultada el 18 de julio de 2016].
Etler, P. (1939) Reden an das schweizer Volk gehalten im Jahre. Zurich, Atlantis Verlag.
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Lambiel C., Reynard E., « Impacts du développement d’un domaine skiable sur la morphologie glaciaire et périglaciaire : le cas de Verbier (Valais, Suisse) » in Géomorphologie et Tourisme. Actes de la Réunion annuelle de la Société Suisse de Géomorphologie (SSGm) Finhaut, 21-23 septembre 2001 Institut de Géographie, Université de Lausanne.
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Marchal, Guy P. « La naissance du mythe du St-Gothard ou la longue découverte de l’homo alpinus et de l’Helvetia mater fluviorum ». In: Jean-François Berger & Sandro Guzza. La découverte des Alpes. Itinera 12 (Bâle 1992).
Ramuz, C.F., (1967) Les circonstances de la vie in Œuvres Complétes. Lausanne : Ed. Rencontre. T. II.
--, (1968) Journal in Œuvres Complètes. Lausanne : Ed. Rencontre. T. XX.
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Rod, E. (1901) "La montagne suisse", in P. Seippel, éd., La Suisse au dix-neuvième siècle, t. 3. Lausanne, F. Pavot : 397-424.
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[1] In Coquoz Louis, Histoire et description de Salvan - Fins-Hauts avec petite notice sur Trient, Editions Pache, Lausanne, 1899, p. 184.
[2] Entre ellos destacamos al pintor Auguste Baud-Bovy (1848-1899), al escritor Johann Jakob Scheuchzer (1672-1733), al médico y naturalista Albrecht von Haller (1708-1777), al filósofo Jean Jacques Rousseau (1712-1778) y al poeta Friedrich Schiller (1759-1805).
[3] "Arcadia": una región de la Antigua Grecia situada en el centro del Peloponeso. Sus habitantes, casi completamente aislados del resto del mundo, llevaban una vida sencilla y pastoral. Toda la región ofrecía una gran simplicidad rural y felicidad. El término Arcadia se emplea para referirse a un lugar fantástico y paradisiaco.
[4] La identidad suiza no viene directamente de los propios suizos sino de la imagen que los demás tenemos de ellos. En Europa circulaba el concepto de un pueblo suizo en un estado natural, sano y feliz. Los suizos adoptaron esta idea y la hicieron suya.
[5] Las imágenes de Épinal fueron estampas de temática popular y vivos colores que se produjeron en Francia durante el siglo XIX. Su nombre deriva de la primera empresa que las lanzó, "Imagerie d'Épinal". Ésta había sido fundada en 1796 por Jean-Charles Pellerin, un nativo de la ciudad francesa de Epinal.
[6] El « Réduit national » o « Réduit » es un término utilizado en Suiza para designar la línea de fortificaciones en los Alpes, desde la cordillera del Jura hasta el Lago de Constanza.
[7] Ver la Histoire de l’environnement européen, de François Walter et Robert Delort, (2001), Paris, Presses Universitaires de France (collection Le nœud gordien).
[8] Cf. La Suisse au XIXè siècle, TIII, La Montagne Suisse, par E. Rod.
[9] Bernard Crettaz, nacido el 29 de mayo de 1938 en Vissoie, en el Val d'Anniviers, en el canton del Valais, es un sociólogo y etnólogo suizo.
[10] El circo montañoso de Verbier estuvo esencialmente ocupado hasta los años 1930 por pastos y chalets. Con la moda del esquí en los años 1950, la urbanización en la «cuenca» de Verbier comienza a desarrollarse a un ritmo frenético hasta alcanzar una capacidad de alojamiento de unas 25000 camas en la actualidad. Las pernoctaciones anuales rozan el millón.

Esta comunicación forma parte del Proyecto Acis&Galatea “Actividades de Investigación en Mitocrítica Cultural” (www.acisgalatea.com), ref. S2015/HUM-3362, cofinanciado por la Comunidad Autónoma de Madrid y el Fondo Social Europeo. Presentada en el Congreso Internacional de Mitocrítica "Mitos y emociones". Universidad Complutense de Madrid. 25 de octubre de 2016.

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