Cet article explore la vision écopoétique
de Charles-Ferdinand Ramuz sur Paris au début du XXe siècle, en soulignant
comment la ville incarne une rupture profonde entre l’homme et la nature. Bien
que Ramuz soit souvent associé à des descriptions des paysages suisses, il
s’intéresse également à la transformation de Paris en une métropole où le lien
ancien entre ses habitants et le monde naturel s’efface progressivement. Dans
des œuvres comme Paris, notes d’un
Vaudois (1938), Aimé Pache, peintre vaudois, et Samuel
Belet, Ramuz critique
cette perte de connexion avec la nature, qu’il attribue à une urbanisation qui
remplace les éléments naturels par un décor artificiel. Ce processus, selon
Ramuz, non seulement exalte la domination humaine sur le milieu naturel, mais
aussi cultive l’illusion d’une indépendance complète de l’homme vis-à-vis de la
nature.
Ramuz reproche aux Parisiens leur
indifférence historique envers le monde naturel, accusant la mentalité urbaine
de prioriser les intérêts humains au détriment de la nature. Pour l’auteur,
Paris incarne cette déconnexion profonde : la capitale française représente un
territoire où l'homme moderne a rompu son ancienne réciprocité avec la terre et
le ciel, ayant "oublié la terre". Cette critique de Ramuz va au-delà
des avancées technologiques modernes, qu’il considère comme la continuation
d’un divorce bien plus ancien entre l’homme et la nature.
À travers une perspective écopoétique,
l'article analyse comment Ramuz utilise Paris pour mettre en lumière les effets
déshumanisants de la modernité et de l’industrialisation, dénonçant l’oubli
collectif de l’importance de la nature dans la vie urbaine. Ramuz pose ainsi
une question fondamentale sur la condition humaine dans un environnement dominé
par l'artifice : comment l'homme, en négligeant la nature, peut-il espérer
mener une vie pleinement équilibrée ? En ce sens, la vision critique de Ramuz
invite à repenser l'urbanisation pour restaurer une relation respectueuse et
nécessaire entre l'homme et son environnement naturel.
López Mújica, Montserrat. 2025. «La Vision écopoétique Du Paris Du Début Du XXe Siècle Dans L’œuvre De C.F. Ramu»z. Çédille, Revista De Estudios Franceses, n.º 28 (diciembre), 97-113. https://www.ull.es/revistas/index.php/cedille/article/view/7391.