sábado, 19 de noviembre de 2016

PAYSAGE ALPIN VS TOURISME : LA DISNEYLANDISATION DES MONTAGNES SUISSES

Résumé
Que reste-t-il aujourd’hui du mythe des Alpes? Où sont-ils passés les paysages arcadiens qui ont tellement fait rêver les lecteurs et lectrices tombés sous le charme de La Nouvelle Héloïse? Il y a, certainement, un antagonisme entre notre civilisation technique, - qui promue la croissance, la mobilité et les loisirs, et la région alpine, domestiquée pour être aujourd’hui rentable et productive. Si les touristes viennent aux Alpes pour découvrir la beauté des paysages (ils veulent absolument ramener chez eux les clichés dont ils rêvent: des chalets proprets garnis de géraniums, des prairies truffées de vaches et d’alpages), pourquoi ce patrimoine paysager est si maltraité? La relation entre l'homme et la montagne est en train de changer ? Cette dernière est-elle passée d’être un élément menaçant à un élément menacé ? Trouver le juste équilibre entre identité et modernité est devenu très complexe en Suisse. Les différents intérêts économiques du tourisme sont presque toujours au-dessus des intérêts de la nature et du paysage, et on risque de transformer les Alpes suisses en un énorme parc d'attraction. Cependant, l'intérêt pour l'image mythique des Alpes est encore très vivant dans la littérature et le cinéma de nos jours. Dans la littérature avec des œuvres telles qu’Estive de Blaise Hofmann ou le Journal d'un berger nomade, du français Pascal Wick. Toutes les deux nous parlent du retour dans le monde du pâturage. Des films récents comme « Belle et Sébastien » ou « Héidi » peuvent également exercer une grande influence sur la façon dont nous percevons cet environnement. Si nous sommes capables de penser à la nature comme quelque chose de vivant, de sentir et de reconnaître notre relation profonde et l'interdépendance avec elle, nous arriverons à provoquer un changement de mentalité. La littérature, le cinéma, tous les arts en général ont la capacité d’émouvoir plus que n’importe quelle donnée scientifique. Ils peuvent dénoncer également la responsabilité que l’être humain a par rapport à la crise écologique. Protéger notre environnement c’est préserver l’avenir de l’humanité.
1.    L’IMAGE DES ALPES DANS LA LITTERATURE D’HIER ET D’AUJOURD’HUI
1.1    La genèse du mythe arcadien des Alpes
C’est le XVIIIe siècle qui « invente » les Alpes. Les œuvres des voyageurs et des écrivains ont un rôle central dans la construction du mythe. Jusqu’alors la montagne était un lieu que le voyageur contournait, un monde habité de peuplades repoussantes, souvent accablées de maladies effrayantes. Les commerçants, qui traversaient les Alpes pour se rendre en Italie, se regroupaient en caravanes, et ils prenaient seulement des sentiers bien balisés. Une partie de cette transformation est due au long processus de recherche qui commence avec les voyages alpins, inaugurant ainsi la phase de "profanation" de la montagne par la connaissance et l'observation scientifique[1]. Ce processus atteint sa plénitude au XVIIIe siècle. Les scientifiques, convertis en courageux grimpeurs, vont gravir et raconter les plus hauts sommets. C’est la dernière étape de cette longue "démystification" de la montagne. Les exploits se produisent dans les Grisons, dans l'Oberland bernois, le Valais et le Mont-Blanc. Les nouvelles habitudes de navigation changent complètement la perception que les voyageurs avaient des Alpes. L'initiateur a été le grand érudit Johann Jakob Scheuchzer, père de la paléontologie et de la paléobotanique, et auteur de nombreuses publications entre 1700 et 1723, connues sous le titre générique d’Alpine Itinera. Mais ce fut le poème "Die Alpen", d’Albrecht von Haller, publié en 1731 et rapidement traduit dans les plus grandes langues européennes, qui donna le branle d’une nouvelle vision, positive et poétique, de la montagne et de ses habitants. C’est lui qui décrit la figure du bon sauvage helvétique autochtone, homme vivant encore comme aux origines : « Disciples de la nature, vous connaissez encore un âge d’Or » (De Haller 1995 : 12). Cet âge d’or qu’Haller évoquera n’existait à l’époque que dans son esprit, mais cela n’en marquera pas moins le début du mythe alpin qui demeurera jusqu’à nos jours. La vie simple et pénible, mais saine, menée en harmonie avec la nature, la chance de vivre au sein de sa famille, la liberté des montagnes furent opposées aux mœurs décadentes des grandes villes et des cours. Les lecteurs, familiarisés par les paysages ordonnés de jardins à la française, découvrent dans ses poèmes les vallées pleines de fleurs, de forêts, de cascades et de lacs. Et bien que certains versets soient dédiés aux glaciers, Haller, ne décrit ni les hauteurs, ni les précipices, ni les hauts sommets : ils sont toujours considérés comme des lieux inhospitaliers (topos horribilis). La montagne qu’il décrit est surtout la moyenne montagne, les Préalpes (vus par les voyageurs anglais comme un nouvel Eden), qui vont fournir le terrain à la construction du mythe Suisse.
Après les scientifiques et les artistes, c’est le tour des écrivains, qui inspirés par le mouvement romantique, décident de faire l'éloge de la beauté de la montagne. La publication de la Nouvelle Héloïse en 1761, marque une nouvelle étape. C’est Jean-Jacques Rousseau qui fit entrer les Alpes dans la littérature. Le véritable moment mythologique qui a contribué à répandre en Europe l’attrait du voyage dans les Alpes durant le dernier tiers du XVIIIe siècle est la célèbre «lettre sur le Valais» (Julie ou La Nouvelle Héloïse, lettre XXIII, 1re partie), dans laquelle Saint Preux raconte son excursion dans les montagnes du Valais. Il s’agit, évidemment, d’un type de paysage idyllique, on est encore loin d’une connaissance réelle de la montagne. D’ailleurs, « la haute montagne, âpre, rude, inhumaine ne pouvait plaire à Rousseau. Elle n’accueille pas le voyageur. Indifférente à l’homme, elle ne peut charmer celui qui ne cherche pas à la comprendre, à l’aimer pour elle-même, et non pour soi » (Engel 1930 :3). Rousseau dresse également un tableau idyllique des paysans du Haut-Valais : un peuple égalitaire et hospitalier qui « vit pour vivre, non pour gagner ni pour briller » (Rousseau 2002 : 133). Cette œuvre devient à son tour une source d'inspiration pour d'autres poètes qui viennent en Suisse attirés par les beaux écrits de Rousseau, pleins de belles descriptions de paysages alpins. Le voyage aux Alpes devient une mode et une thérapie pour le corps et l'âme, et sa fascination pour la montagne se transforme, par la suite, en véritable passion. Les premiers aménagements de loisirs sont intimement liés aux représentations positives qu’en donnent des générations de peintres et d’écrivains, suivis par les premiers « touristes ». La Suisse profite de cet enthousiasme et organise une authentique industrie du souvenir, qui accueille de nombreux voyageurs en tant que clients, la plus grande partie ce sont des britanniques et de français, dont la destination finale est l'Italie. Voici comment les Alpes deviennent une nouvel Arcadie au XVIIIe siècle.
Cette idée de paradis arcadien va se consolider un siècle plus tard avec la publication du roman de Johanna Spyri, Heidi (1880). Cette œuvre représente la nature intacte des Alpes suisses avec toutes ses prairies, ses montagnes et ses paysages idylliques. On sent l’influence du romantisme: la montagne de Johanna Spyri recèle toujours un âge d’or non corrompu par la modernité. Cependant, cette image idéalisée, également encouragé par des poèmes et des chansons, ignore la réalité historique et les changements apportés par l’ouverture à l’industrie et au tourisme de masse. La fin du XIXe siècle impose une nouvelle image des Alpes. Les paysages alpins commencent à subir de grandes transformations à cause de l’essor du tourisme : les nouveaux hôtels et les chemins de fer de montagne sont critiqués par des personnalités du monde littéraire qui vont  s'insurgeaient contre l'invasion de réclames publicitaires, la démolition de bâtiments historiques et la modernisation des vieilles villes. Toute modification paysagère sera dénoncée de la fin du XIXe siècle et même jusqu’à nos jours.

1.2  La littérature au service de l’environnement : vision écocritique des Alpes
Sans vouloir être exhaustif, voici quelques auteurs suisses romands qui ont dévoilé à travers leurs écrits les problèmes que le tourisme et ses infrastructures ont provoqués dans les paysages autochtones de leurs cantons. Nous commencerons ce parcours par l’écrivain Edouard Rod (1857-1910), vaudois installé à Paris qui condamne dans son roman Là-haut (1897) la dégradation du paysage alpin du Valais à la fin du XIXe siècle. Il anticipe les préoccupations environnementales dues au changement et à la destruction des modes de vie ancestraux. Le protagoniste du roman, Julien Sterny, est un parisien d’origine suisse qui retrouve son pays après un scandale qui l’éloigne de la capitale française. Suivant les conseils d’un ami, il arrive à Vallanches, un petit village situé dans la région de Martigny, éloigné des circuits touristiques. Ses habitants vivent en harmonie avec la nature et de ses quelques vacanciers, des habitués de cet endroit plein de charme. Jusqu’à l’arrivée de M. de Rarogne, un promoteur immobilier et les constructeurs du chemin de fer. Tout est bousculé dans ce vieux village : nombreux sont ceux qui veulent profiter du progrès et se laissent convaincre par l’argent facile. Des personnages pittoresques défilent dans ce cadre idyllique, des histoires d’amour se nouent, des querelles naissent, mais la solidarité renaît face à l’adversité. C’est un récit quasi prophétique sur l’évolution du tourisme en Valais : les descriptions des paysages magnifiques, des conditions dures de cette vie paysanne et des gens de la montagne, tentés par l’argent facile, sont d’une actualité saisissante : « Ceux qui verraient clair dans ce mystère gagneraient plus d’argent en deux ou trois ans […] que leurs pères n’en avaient économisé en six générations de travail et d’économie » (70). La haut-montagne commence à être rentabilisé par le tourisme : on devient hôtelier, guide, transporteur. Les Alpes cessent d’être un monde de terreurs et de désintérêt pour devenir un gagne-pain et, petit à petit, la physionomie si caractéristique des villages suisses disparait :
Hélas ! le temps n'est pas loin où l’on ne verra plus de « villages suisses » que dans les expositions, comme on ne voit déjà presque plus de meubles anciens que dans les musées ou chez les antiquaires. La création de ces « stations », qu'une publicité bien entendue met aussitôt à la mode, est suivie, à bref délai, de la construction de chemins de fer, et l’on sait les montagnes illustres dont les sommets ne sont plus que des gares (Rod 1901 : 419)

Pour préserver les paysages et les beautés éternelles de la montagne, il faudrait leur épargner les agressions de l’homme et de la technologie : Mais je ne puis m'empêcher de songer ici à cette définition de l'Homme, dont la vérité s'impose : «... un petit animal industrieux, qui excelle à utiliser tout ce qu'il y a dans la création pour en gâter la beauté tout en détruisant le bonheur de sa propre vie.. » (Rod 1901 : 423).
Edouard Rod jouera un rôle très important à Paris en tant que parrain littéraire d’autres auteurs suisses venus chercher fortune à la capitale française. Parmi eux, l’écrivain vaudois C.F. Ramuz (1878-1947). En tant que témoin de fortes transformations des paysages alpins, ce jeune écrivain montre également son soutien aux mouvements de protection de la nature qui font leur apparition au début du XXe siècle, en s’attaquant très fortement à l'industrie du tourisme et aux hôteliers :
Il y a déjà assez en Suisse de ces aventuriers qui font fortune en attirant chez nous nos voisins dont ils vident les poches. Il me tarde de voir les Alpes purgés de ces fantoches embarrassants, armés de piolets, accompagnés d’une bande de miss en jupes courtes et d’une caravane de guides. Il me tarde de voir la Suisse rendue à ses habitants, à ses citoyens. Il me tarde de voir disparaitre le cosmopolitisme qui, non content de détruire chez nous les vieilles mœurs et les vieilles coutumes, tend chaque jour à dégrader notre peuple jusqu’ici si probe. Je voudrais voir en une seule nuit tous les hôtels détruits. Les hôteliers, on en fera des manœuvres, des ouvriers, des artisans. Ils seraient alors plus utiles à la Suisse, ils travailleraient à sa prospérité, au lieu de travailler à sa ruine, à sa perdition peut-être (Ramuz 1968 : 10).

Ce texte rejoint le mouvement précurseur de l’écologie[2] qui conduira à la création du Heimastschutz (Ligue pour la conservation de la Suisse Pittoresque)[3], en 1905. En dénonçant l'utilitarisme dominant et la banalisation du paysage, Ramuz précise :
On vient visiter le lac, les montagnes, les glaciers, tels qu’ils sont représentés dans le livre.[4] Et celui qui est venu, une fois rentré chez lui, dit à ses amis : ‘Allez voir comme c’est beau’. C’est pourquoi les étrangers deviennent toujours plus nombreux, jusqu’au jour des chemins de fer (Ramuz 1967 :186).

Le flux de plus en plus dense des touristes venant séjourner en Suisse contribue fortement à la création des lignes de chemin de fer à crémaillère. Elles constituent une des attractions principales pour les touristes qui pouvaient de cette manière satisfaire leur besoin de retour à une nature encore inviolée. L’une de ces lignes va susciter un grand débat national : la construction d’un funiculaire électrique entre le village de Zermatt et le sommet du Mont Cervin en 1907.
La Ligue pour la conservation de la Suisse Pittoresque et le Club alpin suisse vont se mobiliser contre ce projet, notamment au travers de pétitions lancées dans toute la Suisse. On écrit même une pièce de théâtre intitulée «Le Cervin se défend!» du Fribourgeois Auguste Schorderet[5]. De manière générale, on accuse les promoteurs de vouloir défigurer un symbole de l’identité helvétique, à savoir la montagne, au profit de riches industriels et des touristes.
On commence à se préoccuper en Suisse, au point de vue de la protection des sites naturels, de l’envahissement exagéré des chemins de fer de montagne. Une pétition lancée par la Société pour la sauvegarde du pittoresque et par le Club alpin suisse contre le projet d’un chemin de fer au Cervin vient être remise au Conseil Fédéral, revêtue de 68.000 signatures (Cf. La Suisse au XIX siècle, T.III, ‘La Montagne Suisse’, par E. Rod).
Autre front ouvert contre la destruction des paysages alpins est celui des ressources hydrauliques. Eduard Rod introduisait poétiquement le thème en 1901 en décrivant les débuts d’une nouvelle industrie : « Elle se glisse sur le pas d’un personnage très ‘fin de siècle’, colporteur d’une nouvelle espèce, mercanti fantastique, spéculateur imperturbable et matois : le marchand de cascades » (Rod 1901 : 421). Mais c’est Maurice Chappaz, le poète valaisan, qui va faire prendre conscience aux Valaisans à partir des années 1950, que les Alpes sont plus  qu’une simple ressource économique à surexploiter, et doivent être protégées et respectées. Chappaz a été le premier écrivain qui a osé dénoncer dans Le Match Valais - Judée (1968) et surtout dans Les Maquereaux des cimes blanches (1976) les conséquences du progrès à court terme :
On a pu exploiter, d’une façon effrénée les ressources naturelles d’un pays. Et le Valais était un morceau de choix, un morceau de rois pour les spéculateurs.[6]
Face aux dommages causés par le tourisme, le pillage des terres et la spéculation immobilière, Chappaz, le poète qui chantait auparavant la beauté des Alpes, se sent dans l’obligation d'exprimer son dégoût et sa douleur. Angoissé parce qu’il sent la catastrophe, « sous ses yeux, un certain Valais meurt, transformé sans pudeurs ni mesure »[7], il devient un écrivain engagé. Ses poèmes abandonnent les étagères de la bibliothèque pour s’unir aux problèmes de la société, Chappaz va dire ce qu'il pense. Mais ce n’est pas cela la véritable mission d’un poète ? D’après lui, le poète remplit une fonction nécessaire : « Il est le témoin du cœur. Contre le mensonge des robots et des trafiquants »[8]. Sa prose donc devient une arme au service de son combat pour préserver la montagne des appétits des hommes et de leur bétonnage irréfléchi.
Chappaz va donc secouer la société valaisanne, le monde politique et économique de l'époque, et surtout, il va se battre pour préserver le paysage qu’il affectionne autant. Ce qui était autrefois un acte de célébration devient un acte de résistance, une plainte amère comme nécessaire. Ceci peut être vu dans le texte qui accompagne la deuxième édition de Les Maquereaux des cimes blanches, dont le titre est déjà très révélateur La Haine du passé (1984) :
Chez nous la mise aux enchères des montagnes et des névés à coups de députés n'en finit pas. Et que je te balance un câble! Et que je t'enfonce mes trax! Et que j'évapore le Rhône et que je te rescie une forêt! [...] En images d'Epinal, en dessins animés je raconte une fin du monde. Ce que l'on a construit dans tous les coins c'est une Tour de Babel en mille morceaux (Chappaz 1994 : 27-28).
Une relation d'amour et de haine s’établit par la suite entre le poète et les habitants du Valais. Les écrits de Chappaz provoqueront des réactions adverses parmi la population locale. D'une part, l'indignation de la bonne société valaisanne qui participe, à l’époque, activement dans la folie touristique des années 60 et 70. D’autre part, le soutien inconditionnel de ceux qui s’identifient pleinement à sa cause, et trouvent dans ses mots le courage nécessaire pour protester contre la construction de villes dans les montagnes.
La conscience environnementale a parcouru un long chemin dans le Valais, grâce en partie à l'héritage laissé par ce poète. Le point de vue de Chappaz au sujet de la nature a toujours été clair, la louange et l'écologie. Il a toujours été en faveur de la protection du patrimoine naturel et contre la destruction et la domination. Cependant, les Alpes ont énormément évolué depuis les années 1970 et, malheureusement, pas toujours dans le bon sens… La diversité culturelle et la variété du patrimoine rural qui font leur richesse continuent d’être laminées dans l’indifférence. Quel sera l’avenir du massif et de ses populations?
Aujourd’hui, face aux problèmes qui concernent l’ensemble de la chaîne (changement climatique, pollution croissante des vallées, surcharge touristique, zones en déclin, extension de voies rapides et des zones construites, transports, etc.,) les Alpes essaient de se réorganiser ; certaines associations pour la sauvegarde de la mémoire culturelle des Alpes et pour sa protection se sont créées (Pro Vita Alpina[9], L'initiative des Alpes[10]), d’autres s’attachent à développer une agriculture « labellisée », les régions coopèrent ignorant les frontières, les différents États ont signé en 1991 avec l’UE une convention sur la protection d’un patrimoine considéré vital pour l’Europe : La Convention alpine, qui considère le massif comme le dernier domaine, en Europe, doté d’une nature encore naturelle. À ce titre les Alpes font l’objet de mesures de protection particulières. Mais, sont-elles suffisantes ?
L’environnement naturel alpin est menacé et il est urgent de prendre des mesures pour le protéger. Le débat sur le suréquipement touristique et la défiguration du paysage est indispensable aujourd’hui, surtout lorsqu’on continue à vendre la montagne sur des images de nature inviolée ! Le développement dit durable est-il un objectif pour les aménageurs ? Si la tendance continue l‘impact qu’aura l’évolution de l’économie des loisirs et du tourisme sur la nature et le paysage des Alpes devrait être bien plus important que les altérations naturelles découlant, par exemple, du changement climatique.
Cette problématique de l’expansion du tourisme y est traitée sous un angle très intéressant dans le récit Estive de l’écrivain suisse Blaise Hoffmann en 2007. Estive est la chronique d’un été passé en tant que berger dans les Préalpes vaudoises. Hoffmann va se confronter seul à l’immensité de cet espace sauvage pour évoquer la beauté des montagnes, mais aussi ses laideurs, en interpellant la dysneylandisation des Alpes. Il distille aussi des réflexions, souvent ironiques, sur la montagne et sa mythologie, ou ce qu'elle est devenue, à Leysin,[11] par exemple :
Leysin, station fun, propose escalade, canyoning, mountain bike,    randonnée, promenade à dos de mulet, rafting, pêche en rivière, piscine, tennis, hockey, karting sur glace, raquettes, squash, aérobic, parapente, via ferrata, héliski, cheval, poney, ping-pong, football, beach-volley, parcours vita, minigolf, musculation, aquagym, tir au pigeon d’argile, parc à biche, quad, télécabines, télésièges, téléskis, freestyle park, halfpipe et superpipe. À la Hiking Sheep Bergerie backpacker, le lit en dortoirs coûte trente francs (161).

Bien évidemment, toutes ces activités proposées par l’industrie du tourisme « compense[nt]  l’exode rural du siècle dernier, repeuple[nt] la montagne, la rend plus viable, plus tenable, plus rentable » (161). Et aux paysans qui pleurnichent maintenant, l’auteur leur rappelle: « Qui a vendu les terrains où se construisent les complexes touristiques ? » (162). La critique politique n’est pas loin et quand Hofmann se laisse emporter, cela devient vite assez saignant, rejoignant ainsi les propos d’un Maurice Chappaz qui rappelait « la grande vente du Valais »:
Tous au village ont récupéré à leur compte le mythe alpin. Les autochtones, en vendant leurs produits avec une plus-value de tradition. Les acteurs touristiques, en exploitant la virginité illusoire des Alpes pour vendre des nuitées. Les patriotes, en faisant des Alpes une référence inaltérable au pacte initial. Les écologistes, en défendant l’idée d’un terrain fragile et riche qu’il faut préserver de toute intrusion moderne (163).

Il fonce encore plus loin et il demande la démythification complète des Alpes : « Il est temps de décoloniser les montagnes de leurs chimères, de se défaire des illusions qui constituent notre suissitude, cet objet de marketing » (163), mettant en cause le grand récit identitaire suisse : « Il n’y a rien dans les Alpes d’essentiel. C’est du relief qui traverse l’Europe en se foutant des frontières » (163). Hofmann jette un regard plein d’ironie et de désillusion sur ce qui est devenu les Alpes et nous montre le vrai visage de la montagne : « La montagne se théâtralise. Les Alpes sont le terrain de jeu de l’Europe. Elles se regardent au travers d’une fenêtre que l’on ouvre et referme » (118). La montagne est devenue une simple distraction, un décor, un espace où les touristes viennent s’amuser.


2.    L’ARRIVEE DU TOURISME DE MASSE ET L’AMENAGEMENT DU PAYSAGE
2.1 La littérature et le cinéma face à la protection du paysage
« Il n'est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir »
Parmi les plus grands défenseurs du paysage dans la littérature suisse du XXe siècle se trouvent C. F. Ramuz, Corinna Bille et Maurice Chappaz. L'univers alpin, avec sa vaste montagne, sera le cœur de pompage et d'alimentation de sa création littéraire. Étudier leurs œuvres à partir d'une perspective écocritique est une tâche gratifiante pour mieux comprendre la crise mondiale à laquelle nous sommes confrontés en ce moment. Cette crise ne résulte pas d'un mauvais fonctionnement de l'écosystème, mais d’un fonctionnement néfaste de notre système éthique. Si nous voulons la surmonter, nous devons comprendre l'impact que l'homme a sur la nature, comprendre ces systèmes éthiques et en faire un bon usage de la compréhension pour les réformer. La littérature est-elle capable de modeler de nouvelles manières d’habiter le monde ? Comme indiqué Donald Worster: « Les historiens, les spécialistes de la littérature, les anthropologues et les philosophes ne peuvent pas faire la réforme, mais ils peuvent aider à la compréhension » (1993 : 27).
Dans le cinéma, le paysage est justement cet élément donné pour acquis alors qu'il frappe notre regard le plus souvent par sa magnificence et sa solennité. Cependant, il peut jouer deux rôles bien antagonistes par rapport à l’environnement. Tout d’abord, il peut aider à ouvrir à une réflexion anthropologique sur la place de l’homme dans son environnement. En effet, lorsque nous regardons un film nous permettons à nos émotions de rendre simplement compte de notre émerveillement : face à un espace naturel, comme celui des Alpes, nous avons tendance à nous sentir bien petit face à la grandeur de la montagne. Nous ne pouvons pas nier que le "septième art" a également un énorme pouvoir de persuasion sur les causes environnementales et écologiques. Le cinéma n'a pas seulement mis en contact l'homme avec la nature, les paysages exotiques et la nature documentaire, mais a également été, et il est toujours, de temps en temps, militant actif dans la lutte pour la protection de l'environnement. Mais montrer sur le grand écran ces paysages idylliques a également des conséquences négatives sur leur propre territoire car il peut provoquer un « effet d’appel » du tourisme de masse. En ce sens, il existe de nombreux exemples de films qui ont contribué à l'augmentation des visites touristiques, nous pensons notamment à la trilogie de Le Seigneur des anneaux ou à sa suite Le Hobbit et la découverte des paysages de la Nouvelle Zélande. Cette augmentation du tourisme pour découvrir les décors naturels d’un film, phénomène connu sous le nom de movie tourism, provoque un impact économique, culturel, mais aussi environnemental qui peut conduire à une dégradation de l’espace naturel dans lequel le film et les zones proches ont été filmé, si cela n’est pas bien géré.
En Suisse, nous trouvons un bon exemple du développement touristique avec l’histoire de Heidi. L’héroïne et son histoire sont devenues un symbole de la manière dont les gens du monde entier perçoivent la Suisse. Heidi évoque surtout de belles montagnes et de beaux paysages alpins et une vie épargnée par les soucis urbains. Mais c’est le dessin animé d’Hayao Miyazaki, produit en 1974, qui a séduit des générations entières de touristes japonais, venus en Suisse pour voir le vrai pays d’Heidi. Le dessin animé a été diffusé à la télévision partout dans le monde et il est devenu culte dans d’autres pays. Selon Hans-Jörg Müntener, directeur de l’office du tourisme de Maienfeld, le village où se déroule l’histoire d’Heidi, plus de 100'000 visiteurs se pressent chaque année pour un pèlerinage sur les terres de la petite orpheline, générant des retombées de l’ordre de 5 millions de francs pour la région. Près de la moitié des visiteurs viennent d’Asie et les touristes en provenance du Golfe se font de plus en plus nombreux depuis trois ans.
Un dernier long-métrage sur Heidi a été filmé récemment dans les Grisons en 2014. Distribué par la compagnie Disney (comment pourrait-il en être autrement ?), sa sortie dans les salles suisses a été un grand succès, du point de vue économique, culturel, touriste…. et environnemental ? Le temps nous le confirmera… !

2.2 La Disneylandisation des Alpes
L’hypothèse d'une Disneylandisation progressive de la montagne est formulée pour la première fois vers les années 1990. Bernard Crettaz, le célèbre sociologue et ethnologue suisse, fait scandale à l'époque avec son film « L’Adieux aux Alpes » et sa publication Au-delà du Disneyland alpin, où il oppose la représentation des Alpes comme espace présumé pur, sauvage et intact dans sa primitivité à la fabrication des multiples parcs d'altitude, sous la forme de Disneylands. On est obligé à admettre les nombreuses mutations que la montagne et le monde montagnard ont subies, bricolant sans cesse du moderne et de l'archaïque authentique. Les causes : une urbanisation générale, une « turistification » totale et une grande médiatisation.
Mais qu’est-ce que c’est exactement le Disneyland alpin ? C’est un mélange entre le n’importe quoi de ce qu’il appelle « la folle montagne », expression ultime des Alpes terrain de jeu et le contraire sage du n’importe quoi, le côté modèle des Alpes mesurées, équilibrées qui ressemblent aux images de la montagne de toujours.
Bernard Crettaz s’interroge également sur le rôle qu’on a laissé à la culture en général et à celle des Alpes en particulier, car « nous assistons à des formes d’expression qui ne constituent plus des enjeux mais relèvent du seul divertissement ». Du même avis est le philosophe Yves Michaud qui explique qu'après deux siècles de sacralisation culturelle, nous sommes arrivés à un tournant considérable : celui du divertissement culturel, dont le tourisme est l'une des conséquences. Le touriste n’a pas une bonne presse dans le milieu culturel : il est souvent caricaturé et perçu comme un destructeur qui use et détruit les monuments qu’il visite, génère des équipements coûteux, pollue et ne comprend pas ce qu’il voit. C’est ce que le philosophe Yves Michaud appelle « l’envahisseur qui paye » (2006 : 29). Le touriste qui visite les Alpes va à la recherche d’une identité, bien sûr. Mais laquelle ? Cela débouche presque toujours sur la fabrication de stéréotypes qui finissent par être plus vrais que la réalité. Le tourisme stimule donc une production plus ou moins authentique de culture. Il permet même de réinventer les identités : « Les stéréotypes ont parfois des effets inattendus. Cela permet de redécouvrir ou de réinventer une identité. Car il ne faut pas oublier l’importance du regard de l’autre dans la formation des identités » (2005).
Un exemple plus précis serait le projet envisagé dans le village de Heidi ou Heidiland. Le roman de Johanna Spyri, traduit depuis plus de 40 ans et publiée à plus de 20 millions d'exemplaires, a donné naissance il y a quelques années à cette petite folie touristique. Ils ont récrée un monde romantique et alpin, entre Bad Ragaz et Coire. Et voici comment on vend la visite de ce célèbre village dans une page touristique suisse :
Dans le village de Heidi, les visiteurs peuvent revivre l'histoire de la joyeuse petite orpheline proche de la nature dans les lieux mêmes qui l'ont inspirée et se plonger dans l'époque à laquelle elle a été créée. Le chemin de Heidi mène à la maison de Heidi et à l‘alpage de Heidi à travers des paysages idylliques.

Des paysages idylliques ? Il résulte difficile à y croire d’après les propos de Alain Gsponer, metteur en scène du dernier film qui vient d’être présenté sur cette héroïne : «Il a été très difficile de trouver le lieu adéquat, explique encore Alain Gsponer. Aujourd’hui, il n’existe plus un alpage qui ne soit pas électrifié, plus un champ sans pylône. C’est finalement autour du village de Bad Ragaz que nous avons tourné les scènes de montagne, en faisant disparaître, ensuite, sur la pellicule, les éléments parasites ». Mais ce n’est pas tout, car il existe même un projet de parc d'attractions sur le thème de Heidi combinant manèges et nature. En effet, des représentants de Heidiland et du «village de Heidi», ainsi que les remontées mécaniques de Grüsch-Danusa, se sont rencontrés de manière informelle pour un échange d’idées.
Est-ce que le patrimoine culturel des Alpes est devenu un simple et passionnant divertissement touristique ? Si on revient sur les propos de Bernard Crettaz, on doit constater que, trente ans plus tard, ce qu’il vaticinait est devenu une réalité : jouer, s’amuser, consommer. Voici le lien qu’on a aujourd’hui avec le patrimoine, car « tout ce qui a fait votre vie revient comme un grand jeu à l’ancienne : vieilles maisons, vieux outils, vieilles fêtes, vieux rituels, vieux récits, vieilles légendes… Et si l’on n’a pas de vrai vieux, on fabrique du faux vieux qu’on mélange avec tout et n’importe quoi. […] tout est bon pour jouer un moment avec un passé-amusette ! (1994 : 16)

CONCLUSION
D’après l’ONG WWF, près de 120 millions de personnes visitent chaque année les Alpes. Il est grand temps de prendre de mesures pour un développement du tourisme plus responsable, en particulier du tourisme de masse, qui a contribué notablement à la destruction du paysage alpin ces dernières années. L’urbanisation, la construction d’infrastructures (routes, remontées mécaniques, parkings, etc.), le trafic routier et les activités de loisirs peu respectueuses de la nature font disparaître de précieux paysages naturels et culturels et avec eux, la faune et la flore qu’ils hébergent, mais aussi la propre culture de la montagne. Le cœur d’un village cesse de battre lorsqu’il est saturé des constructions qui évoquent d’avantages les banlieues des villes que les sites agrestes.
Les touristes, dans la plus grande majorité, demandent en plus des équipements sportifs tout ce qui peut les rassurer confort et distractions : boutiques, cafés, garages, parcs, parkings, self-services, etc. La ville à la montagne mais avec des illusions de village ! Nous disposons donc aujourd’hui, dans la haute montagne suisse, de toutes les modernités souhaitables et, également, de ce retour à l’ancien. Et puis, le métissage, le mélange entre les deux, le « n’importe quoi » dont le sociologue Bernard Crettaz nous en parlait avant. Evidemment, ce mélange de modernité et d’ancien peut provoquer des conflits entre ceux qui regrettent l’ancienne montagne, l’ancien mythe de la montagne primitive, et ceux qui veulent la développer : les promoteurs. De nos jours, il y a toujours en montagne des conflits, des cassures, des déchirements qui provoquent parfois du désordre. Mais on doit trouver le juste milieu : réintégrer le retour du vieux, de la nostalgie perdue avec les éléments technologiques nouveaux ; réintégrer les réserves naturelles, les sites écologiques et les zones protégées ; réintégrer les grandes expositions venues du monde entier et les festivals de toutes sortes qui sont devenus les nouvelles fêtes alpestres. Car, si nous ne prenons pas garde, les Alpes suisses vont s’apparenter de plus en plus à un univers artificiellement mis en scène, où l’on fera de la nature un simple bien de consommation et de la haute montagne un simple parc d’attractions. Jusqu'où peut-on réaménager les montagnes pour le tourisme sans toutefois les dénaturer ?


BIBLIOGRAPHIE
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Crettaz, Bernard (1994) Au-delà du Disneyland alpin. Ivrea : Priuli&Verluca (Eds).
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Worster, Donald, The Wealth of Nature : Envirommental History and the Transition to a logical Imagination. New York : Oxford University Press.

Communication présentée lors de la Journée d'Études "Crise écologique et ré-création artistiques", célébrée à l'Université de Savoie Mont-Blanc le 18 novembre 2016.




[1] L'historien suisse Aegidius Tschudi a écrit en 1538 le premier Traité sur la géographie de l'Alpes Rhétiques ; ou Jost Murer la première gravure en bois de la carte du canton de Zurich en 1566.
[2] La mise en évidence des dangers encourus par l’environnement ne débouche pas encore sur une véritable attitude écologique au sens actuel du terme, mais plutôt sur le réveil d’une nostalgie de l’harmonie, d’ordre fondamentalement esthétique.
[3] En 1905, l’association du Heimatschutz (Ligue pour la conservation de la Suisse pittoresque) voit le jour sur le modèle allemand de 1904, ainsi que la Ligue pour la Protection de la Nature quelques années plus tard, en 1909, dont l’objectif est la protection des paysages suisses face aux absurdités du modernisme. La nature et tout particulièrement les Alpes occuperont une place centrale par la fonction identitaire qu'elles représentent pour la Suisse.
[4] pivert-de senancour, E. (1804) Oberman. Paris: Flamarion (2003).
[5] Elle met en scène un entrepreneur américain et un ingénieur français qui désirent construire un chemin de fer au Cervin. Mais en essayant d’escalader le sommet, l’ingénieur chute mortellement en raison de son inexpérience du milieu alpin. Morale de la pièce écrite par ce journaliste qui a travaillé à La Gazette de Lausanne: ne touchez pas aux symboles suisses!
[6] Entretien réalisé à M. Chappaz en 1977. On peut l’écouter: http://www.swissinfo.ch/fre/multimedia/video.html?siteSect=15045&ne_id=10208679&type=real
[7] Le Confédéré, mardi 13 avril 1976. Article: “Le cri du poète qui dérange”, par M. J. Luisier.
[8] Le Confédéré, mardi 9 mars 1976. Article : “Exclusif! Maurice Chappaz parle de son livre: Les Maquereaux des cimes blanches », par M. J. Luisier.
[9] Le réseau Pro Vita Alpina est une association pour le développement culturel, social, écologique et économique des Alpes. Fondé en 1972 comme groupe de travail suisse, il devint en 1989 un réseau international regroupant tous les pays alpins d’Autriche, d’Italie, de Suisse, de France et de Slovénie.
[10] "L'initiative des Alpes" (iniziativa da las alps en romanche) est une association suisse pour la protection des Alpes. L'association a été créée à la fin des années 1980 lorsque des écologistes de la région du Saint-Gothard ont lancé une initiative populaire visant à réduire la traversée routière des Alpes pour le transit. L'initiative intitulée « Pour la protection des régions alpines contre le trafic de transit » a été acceptée en votation le 20 février 1994.
[11] Leysin vit son épopée de station climatique et réussit sa conversion en lieu de vacances dans les années 1960 (Stucki-Rognon 1998: 25).