miércoles, 8 de octubre de 2014

C.F. RAMUZ : UNE CERTAINE ÉTHIQUE DE L'ENVIRONNEMENT

Résumé


Dans des essais comme Taille de l’Homme (1933), Questions (1935) et Besoin de Grandeur (1937), Ramuz médite sur l’actualité, mais il parle également sur les rapports de l’homme avec la nature. Il dénonce, à sa manière, un certain manque d’« éthique environnementale » -bien que cette théorie philosophique fasse son apparition au début des années 70 du siècle dernier. Ramuz examine les rapports existants entre cet homme que les grands États modernes sont en train de créer et l’environnement en général. Il préconise, d’une part, le déséquilibre écologique existant de nos jours et, d’autre part, l’éloignement de l’homme moderne du monde naturel.

Dans cette communication, nous allons reprendre les Questions ramuziennes vis-à-vis de la nature et les analyser d’un point de vue écocritique, afin de montrer comment une certaine éthique environnementale s'élabore dans ses écrits. Certaines philosophies et traditions politiques comme le structuralisme, le modernisme, l'écologie ont débattu du problème du dualisme. Les hommes et l'environnement sont-ils deux choses séparées? Y en a-t-il une qui domine l'autre? On verra comment ces questions résonnent dans l’œuvre de C.F. Ramuz qui interroge sans relâche les rapports entre les hommes et la nature. Car les inquiétudes du poète sont devenues, plus que jamais, un sujet de vive actualité.



 Aujourd’hui, nous sommes réunis ici afin de donner un nouvel éclairage à l’œuvre essayiste de C.F. Ramuz. Je vais concentrer mon intervention sur trois de ses essais : Taille de l’Homme (1933), Questions (1935) et Besoin de Grandeur (1937), livres de méditations, où Ramuz annonce au siècle ses vérités, au nom d'une certaine sagesse qu'on ne saurait récuser parce qu'elle émane des sources de la vie même; mais livres témoins aussi d’une époque, les années trente du dernier siècle. En 1930, Ramuz fixe sa résidence à Pully, près de Lausanne, où il passera la dernière partie de sa vie ; c’est une période de stabilité personnelle mais aussi professionnelle, car sa place est également acquise dans les lettres suisses et françaises. C’est l’époque des essais, comme ceux qu’on vient de nommer et des textes autobiographiques, Découverte du monde (1939), en plus de romans tels que Derborence (1934), Le garçon savoyard (1936), Si le soleil ne revenait pas (1937).
Dans ses essais, écrits « dans une conjoncture de radicalisation politique », Ramuz médite sur l’actualité de son époque, sur la montée généralisée de l’extrême droite et de l’extrême gauche, qui donnera naissance à l’«hitlérisme», le «bolchevisme» et le «fascisme». L’auteur, qui aimait se présenter comme un homme «apolitique», réfléchit au monde à partir de son expérience d’homme ordinaire et de son point de vue de «poète», sans aucun engagement actif de sa part. Il avoue : « Si j’avais à me confesser, je dirais que j’ai pris parti, mais tantôt à gauche, tantôt à droite.» Certainement, les questions politiques intéressent profondément le poète, nous l’avons vu tout au long de ce congrès. Mais Ramuz touche également un sujet « moderne » qui surprend par rapport à son époque: le comportement de l’être humain face à la nature. C’est sur ce dernier aspect que nous allons parler à présent, car à sa manière, Ramuz dénonce un certain manque d’«éthique de l’environnement».

1. Réflexion morale sur la nature

Cette étude utilise une approche écologique ou environnementale de la littérature, connue sous le nom d’écocritique, qui a pris son essor dans les années quatre-vingt-dix du siècle dernier, notamment dans le monde anglo-saxon. L’écocritique est un mouvement qui combine les théories philosophiques, culturelles et littéraires. Elle se propose, d’une part, d’exposer et d’analyser les causes premières de la crise environnementale dans les expressions culturelles, développant chez le lecteur non seulement la connaissance et le respect à l'environnement, mais aussi les changements nécessaires dans leurs attitudes culturelles. Et d’autre part, elle suggère d’engager le lecteur à une réflexion d’ordre éthique, car elle part du principe que la littérature doit transmettre des idées et surtout des valeurs. D’un point de vue méthodologique, comme le remarque Ursula Heise (2006), l’écocritique se tient ensemble plus comme projet politique que comme théorie ou méthode. Sans pour autant se mettre d'accord sur la méthode à utiliser, l’écocritique s’est montrée interdisciplinaire dès le début, suivant le modèle des études féministes et des études culturelles, mais dans le but de décentrer l’humain et de défaire l’anthropocentrisme. Comment? L’écocritique prévient la société contre les risques potentiels qui la menacent, coopérant avec le texte et l'auteur pour que ce message écologique arrive à tous. C’est un outil valable car il est présent dans la littérature et également dans le travail de l'auteur, que ce soit consciemment ou non. L’écocritique considère « l’écriture et la forme même des textes comme une incitation à faire évoluer la pensée écologique, voire comme une expression de cette pensée »[1]. Depuis l’espace littéraire, la pensée écologique nous regarde bien plus directement, elle nous interpelle différemment à l’aide d’outils qui lui permettent de se faire plus rapidement présente dans notre esprit. Également, dans l’espace littéraire, les contraintes, les valeurs qui semblent impossibles à partager se réunissent et se réconcilient plus facilement (Suberchicot 99), ouvrant ainsi la voie à d’autres horizons que le terrain scientifique ne saurait couvrir, par exemple, les questions sociales.

La littérature est un domaine parmi bien d’autres qu’il faut analyser et comprendre, si on veut aborder des problèmes aussi complexes que la crise environnementale. Le philosophe Tzvetan Todorov dans son ouvrage La littérature en péril nous précise que “La littérature peut […] nous faire mieux comprendre le monde et nous aider à vivre […] Comme la philosophie, comme les sciences humaines, la littérature est pensée et connaissance du monde psychique et social que nous habitons (Todorov 72). Étant donné que l’écocritique étudie les rapports entre les êtres humains et l’environnement physique dans les œuvres littéraires (Glotfelty & Fromm 1996: xiii), elle permettra de mettre en valeur les propos et les pensées « écologistes » de notre auteur.

1.1. Qu’est-ce que c’est la nature ?
Ramuz a toujours considéré la nature comme un bien précieux et une source d’inspiration. La nature  a toujours été mêlée étroitement à sa vie et y a toujours joué un rôle actif (Questions 130). Mais quel est le vrai concept ramuzien de la nature ? Chez Ramuz, la nature comprend des paysages remplis de champs, de vignes, de bois, de vergers et de pâturages; il s’agit donc d’un paysage aménagé, cultivé depuis des lustres, d’une nature humanisée et humaine. Or, nous sommes bien loin des grands espaces naturels américains dont l’écocritique s’inspire et se nourrit. Il est important de reconnaître ces différences culturelles. C’est la raison par laquelle nous établirons des approches écocritiques qui tiennent compte des spécificités culturelles suisses, ou plutôt vaudoises. Comme l’affirme Ursula Heise, l’écocritique doit tenir compte du fait que chaque culture produit ses propres concepts de la nature, ses propres discours écologiques, ses propres rapports au milieu (Sense of place 60-61). En effet, les vastes prairies et déserts où l'homme blanc ne fait pas partie de l'écosystème, n’ont pas d'équivalent dans la littérature suisse. L'homme suisse n’a jamais connu des régions vraiment « sauvages » et il a une vision et une relation avec la nature très différente. Pourtant, il existe une affinité bien particulière avec la montagne.

La Suisse doit sa réputation à la splendeur de ses paysages (Besoin 265). Elle est richement dotée en montagnes et décors d'une extraordinaire somptuosité. De quelque côté que l'on se tourne, dans ces montagnes grandioses, les panoramas sont d'une beauté saisissante. L'homme solitaire et aventureux face à la «nature sauvage» se traduirait donc, chez Ramuz, par le paysan-berger isolé dans sa terrible montagne qui fait face aux caprices de la nature autour de lui (avalanches, chutes de pierres, glissements de terrain, etc.). Car « si la nature est partout violente, elle est ici à son comble de violence » (Besoin 282). Le poète ne s’est jamais laissé tromper par la beauté des montagnes suisses : elle est belle mais aussi méchante, nous rappelle dans « La Grande peur dans la montagne ». Evidemment, tous les romans consacrés à la montagne pourraient faire partie d’une ample étude écocritique, sous le thème d’une nature en colère contre la cupidité humaine. Mais ce n’est pas le sujet de cette intervention, revenons donc à notre question.

Ramuz est conscient de la grandeur de son « petit pays » et de cet environnement qui s’offre comme un cadeau au regard des suisses.  Voici comment l’on découvre la nature en Suisse selon l’auteur :

Ce que l’enfant, chez nous, voit en ouvrant les yeux, ce n’est ni la Tour Eiffel, ni le Louvre, dans le cadre de la fenêtre, mais bien quelque sommet isolé et pointu ou la longue façade bleue des Alpes de Savoie. C’est une autre espèce de grandeur et qui est en dehors de lui, à laquelle il n’est pour rien, ni ses pères, ni les pères de ses pères ; c’est un don qui lui est fait (Besoin 266).

Ce don, Ramuz en profitera toute sa vie. Depuis sa plus tendre enfance, il établit une relation spéciale avec cet environnement physique qui l’entoure. Il était capable de rencontrer la nature par le regard d'une fleur, par l'étonnement de la beauté d'un coucher de soleil, par une reconnaissance du lien de cœur avec un autre être dans la nature. Ramuz évoque la nature à la manière des Romantiques, comme un synonyme d’évasion « Ces fuites ? Ces évasions, pour reprendre un mot à la mode » (Besoin 131)[2], il en aura toujours besoin pour grandir « je me sentais comme augmenté, parce que je me sentais aimé alors et protégé » (Besoin 132). Ces rencontres devient de plus en plus profondes, de plus en plus intimes avec le temps et lui conduisent directement à une forme de bien-être et de bienfaisance. La nature ne semble pas seulement être le miroir de son état d’esprit, il y a quelque chose de beaucoup plus profond : une véritable communication, une circulation qui va de l’homme à la nature et de la nature à l’homme. En outre, cette communication entre l’auteur et la nature se déroule sous le signe d’une forte amitié réciproque: « il me semblait qu’elle me rendait cette amitié, et que, moi la connaissant, elle me connut, que moi, lui parlant, elle m’entendit » (Questions 131-132). L’auteur se penche sur la nature pour se mêler « étroitement à sa vie, à ses bêtes, à ses insectes, à toutes ces espèces de productions, attentif à ses mouvements secrets et à ses voix » (Questions 131-132). Il pratique ainsi, ce qu’on pourrait nommer, une communication sensitive, ou une certaine capacité de communiquer avec les autres êtres vivants sur terre, les animaux et les plantes. Voici l’explication qui nous donne en Découverte du Monde :

Il y a ce contact étroit de vous à ce qui vous entoure, car on est en communication étroite avec le sol, ce sol, c’est l’herbe ou de la terre ou des cailloux, il est résistant ou moelleux, dur ou tendre, et les choses ne sont pas vue de loin et à distance, mais on est dedans, on participe à elles (Découverte 84)

Ramuz ressent déjà que les éléments naturels sont importants, qu’ils peuvent lui en apporter beaucoup. L’écrivain est tout à fait conscient en ce moment qu’il fait partie de l’écosystème et qu’il est un avec tout ce qui vie. Il confirme ainsi la première des lois basiques de l’écologie formulées par Barry Communer en 1971 : tout est relié à tout le reste. Un sentiment d’appartenance, d’interdépendance se développe ainsi chez l’auteur :
Je réintégrais ma famille, me versant à nouveau à une espèce de sort commun, dont j’avais été détaché, à une vie universelle qui allait de la bête à moi, de l’arbre à moi, de la pierre à moi ; où il n’y avait plus de choses, où il n’y avait plus que des êtres, car tout prenait vie ; et tout s’animait d’une vie de plus en plus collective où ma propre personne finissait pour s’abolir (Questions 132).

Ramuz rejoint aussi l’une des idées fondamentales de l’éthique environnementale[3], celle qui nous rappelle que nous sommes liés à notre environnement avec lequel nous avons des relations d’interdépendance.

1.2. Qu’est-ce que l’homme par rapport à la nature ? 
Lorsque Ramuz réfléchit dans ses essais sur les rapports de l’homme et de la nature, il ressent une grande méfiance face à l’avenir. Dans Taille de l’Homme, l’écrivain critique l’exploitation d’une nature simplement devenue une source de matières premières, prêtes à être exploitées par l’homme, afin de satisfaire leurs besoins. « La nature est-elle autre chose pour lui, par exemple, que beaucoup de pétrole dont on n’a pas encore tiré  tout le parti qu’on aurait pu, ou d’immenses forces hydrauliques qu’il va s’agir d’utiliser, ou du blé considéré simplement comme moyen d’échange ? » (46). Nous n’oublions pas que cet écrit est, à la base, une dénonciation contre le bolchevisme. Cependant, Ramuz vise encore plus loin et considère que cette attitude n’est pas exclusive de l’idéologie communiste « car le monde entier semble en proie à cette même folie utilitaire ». À une époque où il n'était pas facile d'être si clairvoyant, l’écrivain préconisait déjà le déséquilibre écologique existant de nos jours : dès lors, la demande de ressources naturelles n’a cessé de croître. Le développement des pays émergents et la croissance démographique mondiale seraient, à présent, les causes principales de cette augmentation.

D’après l’auteur, les problèmes relatifs à l'environnement ont leur origine dans une  mauvaise attitude que l’homme adopte dans ses rapports avec la nature : celle d'un « profiteur », d'un « colonisateur », même d’un « conquérant » empiétant sur elle toujours d’avantage (TH, 44). Où sont donc les limites de l’homme ? Car la question se pose : « Il s’agirait de voir jusqu’à quel point vont aller nos pouvoirs, à nous, les hommes, car ils augmentent sans cesse, tandis que ceux de la nature diminuent d’autant. Voilà la grande question » (Questions 96). Il dénonce cette vision anthropocentriste où l’homme se considère au-dessus de la nature et pas dans la nature. La nature n’est donc pour l’homme qu’utilité et profit ? Elle n’existe que pour servir les intérêts des hommes ? C’est ainsi que Ramuz souligne la prédominance de la valeur économique sur les autres valeurs que la nature possède : l’esthétique ou l’écologique. Ramuz se positionne contre ce matérialisme utilitariste qui impose la machine face à l’outil, face au travail manuel. Cela serait, d’après lui, la première cause de rupture entre l’être humain et la nature, car il supprime chez l’homme « tout ce qui le met en contact étroit avec la nature », à savoir, ses mains et l’outil.

Le paysan ramuzien prend ici une place prépondérante et retient immédiatement l’attention de l’écocritique. Même si ces personnages ne datent pas d’hier, ils illustrent un rapport écologique très contemporain avec la Terre. Ramuz est convaincu que les paysans (qu'ils fussent ou non montagnards) offrent paradoxalement la meilleure figure d'une humanité vraiment universelle, puisqu'ils sont en contact permanent avec la nature éternelle. Il justifie ainsi ses choix : «Ceux qui vivent dans la nature se sentent aussi chaque jour "dépassés", et dépassés par elle en tout sens, dans ses dimensions, dans son mystère et dans sa toute-puissance, mais par là augmentés et ennoblis». « Paysan qu’est-ce que ça veut dire ? Nature, qu’est-ce que ça veut dire ? Paysan, nature : on sent bien que ces deux mots sont apparentes » (Questions 139). Le paysan chez Ramuz possède une grande capacité d’observation, il est patient et plein de sagesse « tu as été grand (d’une autre grandeur) et tu l’as prouvé » (Taille de l’Homme 65). Il professe un grand respect pour la nature environnante puisqu’il la craint; mais en même temps, il en profite pour apprendre sur elle, en l’interrogeant constamment : il y a un « courant de vie qui va de l’homme à la matière » (TDH 61). C’était, avant tout, sa première source d’inspiration, la seule garante véritable de leur pérennité. Il lui dérobe ainsi ses plus grands secrets, car le paysan d’antan utilisait des moyens que la propre nature lui donnait et qu’aujourd’hui on qualifierait d’écologiques : si la terre était trop maigre, il l’enrichissait avec du fumier (qui est encore une chose naturelle), ayant recours à des outils simples, qui ne sont « que le prolongement des bras et des jambes » (Questions 150), comme la fourche ou le râteau, ou recourant à l’animal qui est encore une force naturelle, quand ses propres forces ne suffisaient pas. Ces hommes-là gardaient un vrai contact avec les êtres et les choses existant en dehors d’eux-mêmes.

Ramuz parle avec regret du déclin de cette paysannerie : « Hèlas ! Peut-être bien que le paysan est une espèce d’homme qui est en train de disparaitre » (Taille de l’Homme, 62). Pour lui, c’est le commencement qui annonce la fin d’une époque : les rapports que l’homme avait avec la nature vont désormais être bouleversés à cause du progrès. La machine à moteur est entrée dans la vie du paysan, supplantant l’outil « le paysan a été et est encore essentiellement l’homme de l’outil, l’homme de ses mains, l’homme non spécialisé » (Taille de l’homme, 62). En cédant chaque jour un peu plus à l’industrie et « en s’industrialisant lui-même » (Questions 109), le paysan perd tout contact avec une nature dont il « dépendait entièrement » (Taille de l’Homme, 63). C’est donc ce changement de mode de vie de la paysannerie que Ramuz met en cause. Ce déclin marque la ligne de séparation entre la culture du vingtième siècle et celle des dix derniers siècles, et la rupture de l’homme avec son environnement.

Mais les hommes et l'environnement sont-ils deux choses séparées? Y en a-t-il une qui domine l'autre? De nos jours, nous constatons que malheureusement, la domination de l'homme sur son environnement est devenue de plus en plus grande. La véritable cause de tout problème écologique provient donc d'une mauvaise perception de la relation que l’homme a établie avec la nature ? Ramuz a sans doute raison : à cause du désir de l'homme qui veut être tout puissant, l’être humain perd le sens de la limite « car la concupiscence de l’homme est infinie ». Les hommes n’ont pas conscience de la fragilité du monde, de cette grande beauté et fragilité du monde. Mais c’est en ville, où cette rupture est encore plus accentuée, où  les hommes « qui y vivent ont perdu jusqu’au souvenir de leurs nécessités premières » (Questions, 143). Ramuz nous rappelle que les habitants de la cité ont besoin, pour survivre, des biens de la terre : « Le pain, l’eau, le lait, la viande- toutes choses qui sont dans la terre… l’homme des villes en connait encore le prix ? Il se le procure sans peine avec de l’argent » (142-143). Les gens de la ville ne gardent plus de contact avec le milieu rural, ils ignorent la nature. Ils se sentent tellement rassurés dans leurs villes qu’ils ont oublié que « les menaces qui étaient suspendues sur les premiers hommes le sont encore et toujours sur les hommes d’aujourd’hui» (144). Même si dans les années 30 on ne parlait pas encore du problème du changement climatique, Ramuz averti contre le danger qu’entrainerait une modification climatologique pour la survie de l’homme « s’il ne pleuvait pas pendant cinq mois sur la terre, ou si, des gelées tardives y survenaient, s’il ne pleuvait plus ou s’il pleuvait trop, s’il faisait trop froid ou trop chaud » (Questions 143). Et « malgré le pain synthétique, tous les succédanés déjà trouvés ou à trouver, malgré toute la chimie moderne et ultra-moderne, présent et futur » le risque de famine pour l’être humain serait énorme. Ceci justifie alors l'importance d'une certaine « éthique environnementale » qui examinerait les rapports entre l’homme et la nature, en cherchant également à considérer les besoins propres de la nature, pour rappeler à l'homme ses limites. D’après Ramuz l’être humain et la nature ne devraient pas s’opposer, bien au contraire, il propose de considérer autrement tout ce qui n’est pas proprement « humain », mais tout de même sensible, ou qui tout simplement existe, et de lui attribuer autant de valeur.

1.3. Le progrès
Ramuz remet en question la capacité du progrès technique à procurer le bonheur. Les hommes n’ont toujours pas compris que le progrès qu’ils vénèrent ne les protège de rien et surtout pas d’eux-mêmes, de leur propre violence. Le seul progrès où l’homme trouvera sa plénitude serait «dans le sacrifice complet de sa personne au progrès de l’humanité, ne progressant qu’en elle, et à travers elle; ses propres grains ne figurant dans l’addition qu’en vue de l’augmentation du total...» (Besoin, ).

Chez Ramuz, le regret de voir disparaître une page d’écologie humaine comportant dix millénaires d’histoire agraire, tous ces vieux savoirs des travailleurs de la terre, ne relève pas d’une nostalgie du paradis révolu, comme s’il existait une époque pendant laquelle l’homme et la nature vivaient en harmonie idyllique. Bien au contraire, sa vision va beaucoup plus loin et annonce déjà les effets dévastateurs que l’industrie et le progrès provoquent dans l’agriculture. Car, d’après lui, « c’est se faire une idée bien fausse de l’homme que de croire par exemple que tout progrès technique soit nécessairement pour lui un gain » (Taille de l’Homme 37). Toute la nature est donc en danger. Ramuz prévenait déjà contre cette ère industrielle et technique. Même à ses débuts, il constatait que cette exploitation industrielle et mécanique visée la suppression de la nature, en modifiant la terre, les saisons, les productions agricoles. Il annonçait déjà le début de la mondialisation avec la répartition des pays en différentes zones de cultures, tels qu’on les connait aujourd’hui ; la modification chimique de la terre pour qu’elle produise selon les nécessités ; ou l’altération des productions agricoles en supprimant les saisons, car si le paysan attendait l’été pour faire sa récolte, maintenant « c’est l’été lui-même que nous récoltons toute l’année par nos machines » (Taille de l’Homme 66). Nous n’allons pas nier que l’agriculture moderne a résolu certainement dans le pays industrialisés les insuffisances en termes quantitatifs, ce qui a permis entre autres la sécurité alimentaire, mais à quel prix ? Aujourd’hui, lorsqu’on fait le bilan, les résultats ne sont pas très rassurants. Toute cette technologie, tout ce progrès a causé de graves dommages dans la planète: destructions des sols, pollutions des eaux et de l’environnement, démantèlement des écosystèmes naturels, perte de la biodiversité, pour n’en citer que quelques-uns. Jusqu’où la nature va-t-elle se laisser faire ? Nous constatons que ce progrès, comme Ramuz l’avait bien prédit, est un couteau à double tranchant, « que la lame qu’ils ont pour leur part aiguisées, finalement s’est retourné contre eux » (Taille de l’homme 10), et contre nous tous !


Conclusion

À un moment donné, lorsque la communication avec les hommes devient difficile, Ramuz se tourne vers la nature. Il lui semblait trouver chez elle quelque chose de grand qui lui manquait chez les hommes (Questions 131). Il commence alors un dialogue intime et secret avec cet environnement et les êtres qui l’habitent. Ramuz avait bien compris que la nature était essentielle non seulement pour la survie de l’homme, mais aussi pour son équilibre. Le grand danger est de se séparer de la nature. En Taille de l’homme il exprime sa conviction que l’homme qui n’est plus en contact avec la nature, perd sa taille, perd quelque chose de sa vérité, de son humanité. Il s’est donc fortement attaché à nous faire voir et sentir ce lien et cette communication entre l’homme primitif et la nature, et il a expliqué très clairement :

Un livre pour le vrai lecteur n’a pas besoin de finir bien, il n’a pas besoin d’être « moral », il n’a pas besoin d’apporter des faits, d’être instructif, de vous apprendre quelque chose, comme on dit, de rien expliquer ; ou plutôt il explique tout, et enseigne tout, et tire toute sa moralité de vous mettre d’abord profondément en communion avec un être et à travers cet être avec les autres êtres, le monde des créatures et même le monde incréé (Lettre 300-301)

En effet, à travers ses récits, il nous montre comment rétablir le contact avec la nature. Si l'homme communique maintenant par la parole, cela ne signifie pas qu'il n'est plus capable de communiquer avec la nature comme auparavant. Nous avons toujours accès à la communication par le canal de l'intuition. Avec un peu d'entraînement, la communication avec les animaux les arbres et le reste de la nature redevient rapidement une habitude fascinante. De plus en plus de personnes retrouvent la faculté de parler avec la nature. Trop des concepts erronés sur nous-mêmes et notre rapport au monde nous ont éloignés d’elle. Y retrouver notre juste place passe par la sensualité de l’expérience.

Certainement les textes littéraires nous aident à prendre conscience de notre lien à l’environnement physique. Ils nous apportent également une ouverture et des idées pour un choix de vie en harmonie et en paix avec notre environnement et avec nous-même. Il n’y a pas d’avenir pour l’espèce humaine sans préservation de l’environnement ; et pour cela nous devons encourager le respect de la nature aux générations à venir et modifier les comportements individuels et collectifs vis-à-vis d’elle. Participer à l'émergence d'un nouveau modèle de société, à la fois écologiquement viable et socialement solidaire est aujourd’hui possible, il faut juste un peu de volonté et d’imagination. Ramuz nous encourage vivement à le faire, en nous donnant ce conseil  « la plupart des hommes manquent d’imagination : ils ne voient pas que ce qui est pourrait ne pas être. Ils ne voient même pas que ce qui est pourrait être autrement ; ils ne distinguent pas, au-delà de ce qui existe, le possible. Il faut leur faire voir le possible, et qu’il ne tient qu’à eux de le réaliser » (Besoin 322). Les lecteurs de Ramuz savent que le romancier suisse possédait certainement ce don d’anticipation propre à quelques grands écrivains. Imaginons, donc… !


Bibliographie

GLOTFELTY&FROMM (1996) The Ecocriticism Reader: Landmarks in Literary EcologyAthens: U. of Georgia P.
HEISE, Ursula K. (2006) “Greening English: Recent Introductions to Ecocriticism.” Contemporary Literature, 289–298.
----- (2008) Sense of Place and Sense of Planet. The Environmental Imagination of the Global. New York : Oxford University Press.
HICHAM-STEPHANE AFEISSA (2010)  La communauté des êtres de nature, Éditions MF, collection "Dehors".
----- (2007) Éthique de l’environnement. Nature, valeur, respect. Paris : Librairie Philosophique J. VRIN
MEIZOZ, Jérôme (2009) « Ramuz, poète dans la tourmente politique ». Article paru au journal Le Temps, le 19 novembre 2009  http://www.letemps.ch/Facet/print/Uuid/3fb8ed84-d48b-11de-8cef-e06dbdd775ff/Ramuz_po%C3%A8te_dans_la_tourmente_politique
RAMUZ, C.F. (1968) Œuvres complètes, Lauranne : Éditions Rencontre, V. 12
----- Lettre à Bernard Grasset
RAMUZ, C.F. (1968) Œuvres complètes, Lausanne : Éditions Rencontre, V. 15.
-----        Taille de l’homme
-----        Questions
-----        Besoin de Grandeur
RAMUZ, C.F. (1968) Œuvres complètes, Lausanne : Éditions Rencontre, V. 17
-----        Découverte du monde
SCHLOSS, Brigitte (1969) L'Homme et la nature dans l'œuvre romanesque de C.F. Ramuz de 1926 à 1937. Thèse de l’Université de Laval
SUBERCHICOT, Alain (2002) Littérature américaine et écologie. Paris : L’Harmattan.
TODOROV, Tzvetan (2007) La littérature en péril Champs Essais. Paris: Ed. Flammarion, 2014.
POJMAN, Louis P., Global Environmental Ethics, Londres et Toronto, Mayfield Publishing Company 2000.
 


[1] Nathalie Blanc, Denis Chartier et Thomas Pughe, « Littérature et écologie : vers une écopoétique », cité, p. 17.
[2] N’oublions pas que les années 30 est une période où le Romantisme revient fortement à la mode.
[3] L’éthique environnementale est apparue comme une branche distincte de l’éthique dans les années 70. Elle étend la portée de la pensé morale au-delà d’une communauté ou nation donnée pour inclure non seulement tous les hommes, mais également les animaux et l’ensemble de la nature, la biosphère, à la fois dans l’immédiat et au-delà du futur proche, y compris les générations futures (Louis P. Pojman 2000: VI)

lunes, 7 de abril de 2014

« LECTURA ECOCRITICA DE LA NOVELA FORETS OBSCURES DE CORINNE BILLE»


Resumen
Corinna Bille es una de las representantes más prestigiosas que las letras suizas de expresión francesa ha dado a la literatura francófona. Escritora comprometida con el medio ambiente y profundamente arraigada a un país que ama por encima de todo: el Valais. Nunca renunciará a sus dos fuentes de inspiración: sus sueños, base de sus relatos y una naturaleza bien conocida en la que enmarcar su historia. Las montañas, los viñedos, los bosques y los lagos del Valais representarán esa Naturaleza omnipresente a través de la cual construirá su impresionante obra literaria. Apoyándonos en una de sus novelas, Forêts Obscures, analizaremos la figura del bosque desde una perspectiva ecocrítica.

 

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La grande puissance (avec l’attrait de la mer) qui a traversé Corinna est la forêt. Elle était une forêt […] Maurice Chappaz.

 

Comenzamos esta comunicación con la lectura de una pequeña cita de Maurice Chappaz, extraída de la propia introducción de la obra que vamos a presentar a continuación “Forêts Obscures” de Corinna Bille:

La grande puissance (avec l’attrait de la mer) qui a traversé Corinna est la forêt.

Elle était une forêt (9)

Corinna Bille es, sin duda alguna, una de las escritoras que mejor ha expresado el imaginario del bosque. Esta es la razón por la que he escogido a esta autora suiza de expresión francesa en esta jornada de estudio titulada “La forêt, territoires et imaginaires”. El objetivo de esta comunicación es realizar una lectura ecocrítica de la obra “Forêts Obscures”, última novela que Corinna Bille nos lega antes de su prematura muerte, acaecida en 1979, a la edad de 67 años. Fue publicada diez años más tarde, gracias al arduo y cuidadoso empeño de su marido, el también escritor Maurice Chappaz, quién dedicará el resto de su vida a clasificar, ordenar y dar a conocer al público-lector de Corinna la obra que ésta dejó sin publicar.

 

Para este estudio voy a utilizar un enfoque ecológico o ambientalista de la literatura, conocido bajo el nombre de ecocrítica, que surgió en los años noventa del pasado siglo difundiéndose especialmente en el mundo anglosajón. Los estudios ecocríticos se interesan en la relación que existe entre los seres humanos y el medio ambiente físico (Glotfelty y Fromm 1996: xiii). El reconocimiento de que las actividades humanas dañan seriamente los sistemas de recuperación básicos del planeta anima hoy un sincero deseo de contribuir a la recuperación medioambiental. La literatura sirve como terreno fértil para el desarrollo de este nuevo enfoque ecológico, es un formidable desafío a la imaginación respecto a todos los asuntos relacionados con la naturaleza. Cualquier obra de ficción, de cualquier tipo, está construida en un marco natural o civilizado, donde los hombres cohabitan. La ecocrítica puede recopilar, analizar y comprender los diferentes modos de interacción de las personas con su hábitat. Sus principales características son el uso de los conceptos ecológicos aplicados a composiciones literarias y el compromiso de crear una conciencia ambiental a través de la literatura ¿De qué forma? Por una parte, alertando de los posibles peligros que acaecen a la sociedad, cooperando con el texto y con el escritor para que el mensaje llegue a todo el mundo. Es una herramienta válida, pues se encuentra presente en la obra literaria e igualmente en el autor, ya sea de forma consciente o no. El ecocrítico solo debe revelar dicha presencia y difundirla. Por otra parte, intentando que la crítica literaria se comprometa hacia un pensamiento o reflexión ecologista con el fin de encontrar soluciones a la actual crisis medio ambiental. Porque, como acertadamente, advierte Binns: "el trastorno ecológico no deja de ser un trastorno lingüístico y literario más profundo. Grandes símbolos aparentemente intemporales (el mar, el río, la lluvia, el aire, la tierra o el bosque) se están contaminando y agotando, como discursos difícilmente renovables, al ritmo de la depredación planetaria" (2004). Obviamente, la ecocrítica sólo puede proporcionar soluciones “teóricas” a los problemas medio ambientales, sin embargo, su ambición va más allá: quiere involucrar al lector en una reflexión ética, porque se supone que la literatura debe ser vehículo de ideas y especialmente de valores. Respecto al papel que desempeña la literatura y la crítica literaria, Glen Love indica: « Hoy en día, la función más importante de la literatura es redireccionar la conciencia humana hacia una consideración total de su importancia en un mundo natural amenazado [...] reconociendo la supremacía de la naturaleza, y la necesidad de una nueva ética y estética. Y agrega: [tenemos la] esperanza de recobrar el perdido rol social de la crítica literaria» (Love, 1996:237-8). En esta misma perspectiva se encuentra el filósofo Tzvetan Todorov. En su obra La littérature en péril reitera que “La littérature peut beaucoup. Elle peut […] nous faire mieux comprendre le monde et nous aider à vivre […] Comme la philosophie, comme les sciences humaines, la littérature est pensée et connaissance du monde psychique et social que nous habitons (72). En resumen, los literarios deberían de ser los primeros en sentirse concernidos por las cuestiones medioambientales, en la medida en que estas últimas implican principios éticos. Ya que son los principios éticos quienes dictan las relaciones con nuestros semejantes y con la naturaleza, la ecocrítica o la “crítica verde”, debería convertirse en un punto de encuentro entre el saber científico y el resto de discursos, en un vínculo entre las humanidades y las ciencias naturales.

 

Vamos pues a cooperar con el con el texto y con el escritor para que un cierto mensaje ecológico se difunda hoy aquí en esta sala.

 

Dar a conocer, a través de sus cuentos, relatos o novelas, la naturaleza de su région, describiéndola con gran precisión, no es solo una muestra del profundo respeto que esta autora siente por su tierra, sino también una forma de dar voz a los seres que en ella habitan. Entre los seres animados que desfilan en sus relatos se encuentran por supuesto los árboles, pero también los viñedos, las flores y los animales. La relación tan especial que existe entre Corinna y el bosque se puede observar ya en su primera novela publicada, Theoda. En ella aparecen ya algunas imágenes de este elemento. Imágenes casi siempre positivas, pero también algunos miedos y preocupaciones respecto a las talas intensivas y sus regularizaciones: “[…] cette forêt saccagée par les bûcherons qui s’étaient mis à couper, à tort et à travers, un si grand nombre d’arbres, que la commune avait dû inventer des lois pour la sauvegarder” (1978: 121). El bosque del Valais está compuesto mayoritariamente de pinos, de alerces y de coníferas de montaña, que pueden alcanzar los 20 o 30 metros de altura. Es un pequeño paraíso repleto de vida, espacio de inspiración para la escritora. Un lugar acogedor, secreto, íntimo, pero también sagrado, que a través de los sentidos le transporta hacia su interior, hacia lo más profundo de su ser: “Je respirais avec joie une odeur d’entrailles forestière. La forêt de pins est un sacrement, pensais-je, je communie avec la forêt” (1974: 145). En efecto, el carácter sagrado del bosque es un espacio común de la mitología y la literatura. Sin embargo, la unión que experimenta la autora con el bosque no es una unión divina. Como nos explica Marike de Courten “la sacralité […] reflétée par les textes de Corinna Bille n’a rien de pieux; la forêt n’est pas l’habitacle privilégié du Dieu des chrétiens, ni le révélateur par excellence d’un panthéisme romantique; la forêt se célèbre elle-même… la communion se fait avec la forêt” (1989: 95). El bosque en general y el árbol en particular penetran en ella a través del tacto, de la vista, del oído, del olfato y hasta del gusto: “[…] nos baisers ce jour-là, eurent un goût acide d’humus” (1968: 32). La piel, los ojos, los oídos, las fosas nasales y la lengua, son todos ellos puertas por las que el cuerpo se nutre de cuanto le rodea. En Théoda, la narradora Marceline, establece contacto con un peral que ha sido alcanzado por un rayo. A través de la herida dejada en su tronco cree “pénétrer dans la poitrine de l’arbre et toucher son cœur” (1978: 110). Otras veces es el olor del bosque el que penetra de forma tan intensa en sus personajes que parece paralizarlos. Así, en “La jeune fille sur un cheval blanc”, el olor del bosque “la prenait  soudain à la gorge, cernait son corps, et l’engourdissait” (1974: ). Corinna posee un oído sensible al ritmo de la naturaleza y se muestra atenta a ese lenguaje mudo de las plantas: “Les fleurs des arbres fruitiers, on les entendait s’ouvrir avec ce bruit léger du grésil” (1980a: 68). También sus personajes poseen dicha capacidad: “Il n’entendait que le bruit des herbes, la déchirure des feuilles” (1978b: 21). Como se puede apreciar, Corinna se relaciona con cada uno de los aspectos del entorno sensible del bosque. Siente una necesidad innata por aquello que es diferente. Es su manera de construirse como persona, ya que como dice David Abram “sólo somos humanos en la medida de nuestro contacto y convivencia con lo que no lo es” (1999:9).

 

La visión que Corinna Bille nos da del árbol es antropomórfica: no solo posee un corazón que late, también ojos que ven “Les arbres que la foudre épargne m’illuminent de leurs yeux verts” (1980a: 66) e incluso voz propia “La voix des arbres est la seule qui parle…” (1961: 29). Y lo más sorprendente, les dota también de un alma:

Leur faite est d’un vert plus clair et plus doré,

Là se tient leur âme.

Comme  dans la tête de l’homme

L’intelligence (1961: 114)

De ahí que sus personajes los consideren seres semejantes a ellos:

Emerentia ne donnait aucun ordre aux arbres, mais il est vrai qu’elle les considérait comme des personnes vivantes. Leurs rameaux, pour elles, étaient des bras ; leurs trous creusés par les oiseaux, des yeux, des bouches ; et le vent dans leurs ramures, des voix. Et quand elle passait près d’eux, s’enfilait entre eux, elle était irrésistiblement saisie, retenue par ces êtres qu’elle devinait inoffensifs et qui l’aimaient (1979: 32).

Emerentia, la pequeña acusada de brujería, es perseguida porque ama y adora a los animales salvajes y a los árboles. Sólo ella es capaz de hacer que la cosas parezcan verdaderas, por eso cuando habla “la mère limon, les bêtes, les arbres, les plantes ont une chair et une âme parentes à la sienne” (1979: 25). El limo, símbolo de fertilidad; el bosque, espacio materno cargado de ternura; el Ródano, personaje repleto de vida cuyos colores, matices y crecidas marcan cada una de las estaciones en el Valais; estos elementos naturales impactan con gran fuerza en el lector, que es capaz de apreciar cierta sensualidad primitiva, esa que ignora el Bien y el Mal; porque Emerentia, que comunica con el oso y con la víbora, “est faite de la même invariable texture que la nature” (1979: 28). El bosque, a su vez, se confunde también con la “demoiselle sauvage”: “Je deviens la forêt. Mes bras sont ses branches, ma peau son écorce”; un bosque repleto de términos nuevos que el lector agradece descifrar – “les arolles” (pino de media montaña), “les fétuques” (planta forrajera), “les ombelles” (flores de montaña), “la parnassie” (flor blanca)- porque poco acostumbrado a ellos se deja llevar, se pierde por esa arboleda de palabras. El bosque representa el punto de partida y el punto de mira de la escritora, su paraíso extraño. La “demoiselle sauvage” ofrece todo su cuerpo al bosque, con el mismo ardor con el que Corinna se entrega a la escritura, sin miedos, sin tapujos, sin ningún pudor. Necesita la Naturaleza y la escritura para vivir cotidianamente, para encontrar ese espacio de armonía, de equilibrio, de libertad y de identidad.

 

La novela que presentamos hoy aquí se inspira en los paisajes forestales de Vercorin (cantón de Valais), dónde la pareja de escritores posee desde 1964 un chalet en propiedad, construido en los Mayens de Réchy (en los Vernys) donde Corinna escribe incansablemente. Se trata de un lugar por entonces aún intacto, salvaje, primitivo, rodeado de bosques y de torrentes, de paisajes vírgenes “Les paysages s’usent comme les êtres, ici ils étaient neufs” (27); lugar en el que se instalan varias veces al año, en estancias cortas de una a tres semanas, entre primavera y otoño, para disfrutar del cambio de las estaciones y escapar del ajetreado mundo. La trama de la novela se sitúa en la década de los años sesenta, coincidiendo con la época de su instalación. “Forêts Obscures” relata la llegada de Corinna y Maurice a esta nueva residencia, camuflados en las figuras de Blanca y Clément, los personajes principales del relato. El manuscrito de esta novela lleva como subtítulo “Récit romanesque autobiographique des étés passés aux Vernys”. De ahí que encontremos muchas similitudes entre ambas parejas, la real y la ficticia. Al igual que Maurice, Clément debe ausentarse por trabajo durante días, lo que deja a Blanca el tiempo de dedicarse a su actividad favorita: recorrer “las seis hectáreas de campos y de bosques en pendiente” (25) que poseen en propiedad. Gracias a estos paseos descubrimos al verdadero protagonista de la novela: el bosque, a través del cual se canalizan las inquietudes, las dudas, lo “obscuro” del drama frente a la vejez y la muerte de los personajes. Desde un punto de vista ecocrítico es interesante analizar cómo interactúa este elemento natural con cada uno de los personajes.

 

Clément es un brillante ebanista convertido con el paso de los años en un prestigioso anticuario. Su amor por la madera, nos dice, surge ya a muy temprana edad “je l’ai sentie aux premiers jours de vie, quand je prenais conscience de l’existence d’objets autour de moi. Je regardais souvent le soleil jouer sur le bois, je commençais à l’aimer le bois…” (50). Su primer contacto visual se dirige hacia la materia que proviene del árbol, hacia la madera. No es de extrañar entonces que el bosque represente para él un bien material, algo que puede poseer, que puede disfrutar en compañía de los suyos. Clément ha adquirido “six hectares de prés et des forêts en pente, dans le lieu le plus sauvage qu’il avait pu trouver” (25) que muestra orgulloso a su esposa, mientras pasea con ella por sus dominios. Para llevar a cabo esta adquisición ha tenido que realizar un gran esfuerzo personal y familiar, además de desembolsar todos sus ahorros. Es tal el sentimiento de posesión que se desprende de cada una de sus palabras que su esposa Blanca no duda en exclamar: Quel amour de la propriété! (55); una propiedad que a veces comparte con ella “Depuis ici, c’est de nouveau à nous” (54) pero que la mayor parte del tiempo siente solo suya “Et tous ces près et jusqu’en bas, c’est de nouveau à moi” (55). Posee una gran pasión por las tierras, necesita sentirlas suyas. Por ello, Clément se convierte en un elemento perturbador en la relación que Blanca mantiene con el bosque, rompiendo con su presencia “ce parfait cordon qui la reliait à la terre aussi naturellement qu’on respire” (44). Blanca, al contrario no necesita poseerlas “Elle n’aimait pas les terres elle. Non. Elle se sentait toujours bien dans la nature, à elle ou pas à elle. Lui, c’était le contraire: il les voulait” (24). La relación que Blanca establece con este elemento natural es, por tanto, muy diferente. El primer contacto con el bosque despierta en ella emociones ligadas a recuerdos de otras épocas “sur le seuil d’une clairière géante entre des remparts de forêt, [Blanca] ressentit le bonheur fou qui la parcourait dans sa jeunesse” (27) rememorando experiencias pasadas “Oui, ça lui rappelait le temps de ses premiers amours, cette exaltation, cette respiration dans la nature, ces étonnements sans relâche” (44). Es una visión casi romántica la que se desprende de su despierta mirada. Por ejemplo, un árbol caído en mitad de un sendero, para Clément, no es más que un cúmulo de madera muerta que pone en peligro su bosque. Para Blanca es un decorado perfecto y armonioso “Oh! J’adore ces sentiers! répéta-t-elle en regardant les arbres défunts allongés ou encore à demi affaissés, plantés sur leurs branches cassées, les souches en l'air, dans un fouillis inextricable (). A Blanca le gusta observar mientras pasea y el bosque es un lugar idóneo para practicar el arte de la observación “Elle continuait à en repérer les moindres sentes, les charmilles, les bosses d’herbes, les troncs, les sombres et les soleils. Elle en était avide, jamais elle ne pourrait s’en rassasier” (92). Lo que aparentemente parece una actividad sencilla no lo es. Como bien dice William Osler, padre de la medicina moderna, “No hay arte más difícil de adquirir que el arte de la observación.” Para observar es necesario ir más allá de los límites. Los hábitos de percepción que gobiernan nuestra visión limitan nuestra capacidad de percibir. Nuestros hábitos mentales son restrictivos, por eso debemos ir más allá de ellos, es necesario un “reeducamiento” de la mirada. Las observaciones y comentarios de Blanca sobre el bosque son una invitación para recuperar lo sensorial y redescubrir el universo forestal, para sentir la conexión con la naturaleza y abrir nuestros sentidos. La atenta mirada de Blanca nos enseña a contemplar la naturaleza con otros ojos, no como algo diferente o apartado de nuestra propia naturaleza, sino como algo de lo que procedemos y dependemos. El bosque le habla con un lenguaje bien específico. Un lenguaje de energías y símbolos que desgraciadamente nosotros, habitantes de las grandes ciudades, hemos olvidado. La pérdida del contacto con el entorno sensible, de nuestra curiosidad e interés por lo que nos rodea, nos ha convertido en seres incapaces de aceptar aquello que resulta diferente a nosotros.

 

El bosque penetra en Blanca a través de los cinco sentidos. La contemplación de estos espacios verdes provoca en ella una sensación de profundo bienestar emocional “Elle m’attire cette forêt-là, en dessous, dont je voudrais contempler de près les feuilles, les aiguilles, les troncs et cette lumière noire. Et puis marcher dans cette prairie dont le vert cru s’argente de je ne sais quels asters ou quels cigües” (45). Esta experiencia visual, tan inspiradora para la protagonista, se encuentra al alcance de cualquier persona sensible; sensación que se acrecienta además con cada sentido utilizado. Vista, olfato, tacto, gusto y oído son, pues, el puente de enlace de Blanca con ese mundo exterior que nos hace descubrir, las herramientas que le permiten gozar del mundo forestal, detectar sus peligros y sus posibilidades. Todos los sentidos conducen hacia el bosque. Veamos algunos ejemplos: el olfato “elle huma longuement […] le parfum tenace des essences forestières” (29), el tacto y el olfato conjuntamente “Elle sentit au bout des doigts comme une colle, une larme de résine. La porta à ses narines et respira comme un secret l’âcre sève du bois” (36). Blanca siente la magia de respirar el aire fresco que emana del bosque “à tout instant elle désirait respirer à fond cet air” (46). El gusto se encuentra representado por los diferentes champiñones y setas que la protagonista encuentra en el fondo del bosque o que Guérin le aporta “Oh! Vos chanterelles d’avant-hier, je les ai fait griller avec de petits morceaux de lard, jamais j’en ai mangé d’aussi bonnes! (105). Al igual que Corinna Bille, Blanca descubre que posee el don por los champiñones “Bientôt je le connaîtrai tous” (93). Tiene un libro que consulta constantemente. Y así se despliegan ante nuestros ojos un sinfín de especies diferentes: des vesses-de-loup, des morilles, des chanterelles, des bolets de mélèzes, des psalliotes, des amanites vermillons, des cèpes, des lépiotes, etc. Otro ejemplo:

Dans un humus couvert de feuilles mortes, elle trouva quelques chanterelles. ‘Nos chanterelles! Si on m’avait dit qu’un jour j’aurais des chanterelles à moi…’ Plus loin elle fut encerclée par une colonie de bolets des mélèzes. Elle en remplit un petit sac. Elle les préparerait pour le retour de Clément (74).

Y por último el oído que se pone a prueba a través del sonido que provoca el agua tras el deshielo a su paso por el bosque:

-  En plein fonte de neige! Ah! Je n’ai jamais vu un pareil ruissellement! Partout des écharpes blanches, des collines de vapeurs, des toiles d’araignées qui pourrissent aux arbres, les étoupes de l’hiver sous-bois et puis les gouttelettes d’eau dans la lumière, les nouveaux torrents qui glissent sur l’herbe ou dévalent en trainant la montagne. Avec un bruit…c’est quelque chose d’inouï.

Blanca nos ayuda a abrir nuestras puertas sensoriales, a empujarlas un poco más. Esta sensación de bienestar se interrumpe, sin embargo, con una reflexión final que deja entrever el peligro inminente que aporta el progreso para los enclaves naturales todavía intactos del Valais « Je crains qu’ils veuillent faire un barrage » (40). Algo que se ve confirmado páginas más tarde cuando en una de las visitas de Clément, éste viene acompañado por un joven topógrafo “qui travaillait dans la région pour piqueter la route du futur barrage” (120).

 

Blanca busca la seguridad en una naturaleza intacta y salvaje. Cuando en una de sus conversaciones con Clément, este afirma que “la naturaleza es ciega y cruel” no duda en ponerse de parte de ésta y defenderla respondiendo con contundencia “Pas plus que les hommes” (90). Se siente más cercana de los animales -tanto domésticos como salvajes-, de los árboles que considera sus amigos, que de los propios hombres. Así se lo confiesa a Guérin “Toutes les bêtes, dit-elle, même les serpents sont mes amis. Comme les arbres…” (85). Le gusta llamarles por sus nombres: “sorbiers, pins, mélèzes, arolles, bouleaux, trembles… (34) y sentirlos cerca físicamente. Adora a sus dos mascotas, un gato de raza común bastante aventurero, Moravagine, y un perra Syriote de raza cocker, con los que comparte momentos de entrañable ternura y amistad a lo largo de todo el relato: “le chat pelotonné sur le cousin rouge d’une chaise lui faisait ses yeux ovales, ses yeux de tendresse […]; elle se pencha et il vint cogner doucement son crâne velouté contre celui de Blanca (116). Se preocupa mucho por ellos. Tanto, que en la novela están más presentes que sus propios hijos, que solo aparecen al final del relato. También busca el contacto físico con los árboles. La magia  se produce, cuando apoyada contra un abedul, Blanca cree convertirse por un instante en árbol:

Un jour elle redescendit dans la forêt. C’était bien celle-là qu’elle préférait entre toutes, qui la séduisait, l’attirait comme une forêt enchantée. Elle en subissait le charme, avec tant de forcé que Blanca en avait parfois la gorge serrée et les yeux prêts aux larmes […] Elle appuya le dos au tronc de l’un des bouleaux et il lui sembla un instant qu’elle devenait arbre (92)

En sus largas caminatas por el bosque, Blanca pone en práctica lo que hoy se consideran "baños forestales" que consisten en visitar un entorno natural para relajarse y recrearse, al tiempo que se observan el dosel, los troncos y la vegetación del sotobosque. El olfato y la piel, a través de la traspiración, se embeben de sustancias volátiles, llamadas “phytoncides”, una clase de sustancias químicas presentes en el aire, emitidas por las plantas para protegerse de la descomposición y la depredación de los insectos. Los "baños forestales" permiten a cualquier urbanita entrar en contacto con el aroma del bosque, recargado de estas sustancias”; la experiencia sonora, visual y olfativa se convierte también en una actividad que regula el organismo y calibra desde nuestras defensas hasta nuestro estado de ánimo. ¿Puede un paseo por el bosque hacernos sentir rejuvenecidos? Investigaciones científicas recientes[1] evidencian que el tiempo que dedicamos en estar en los bosques tiene un efecto terapéutico sobre la salud humana. Es exactamente lo que le ocurre a la protagonista de nuestro relato: al contacto de la naturaleza, de los árboles y los seres que habitan en ella, Blanca se siente rejuvenecer “son corps était heureux, son sang circulait plus fort” (40), aumenta su vitalidad física y rejuvenece su espíritu: “Elle se sentait déjà plus forte que les premies jours, oui, elle rajeunissait” (104). Hasta llega a afirmar: “Je vais connaître une deuxième jeuneusse…” (46). La belleza de los paisajes por los que camina provoca en ella un cambio de estado de ánimo y de energía. Como el bosque “rien n’était jamais détruit en elle, tout repoussait, renaissait” (43). Tiene la impresión de ser inmortal “Est-ce parce que j’aime à ce point la nature que je me crois, comme elle, éternellement vivante? Est-ce cela?” (44). Ese bienestar físico y psicológico que el bosque le aporta la protagonista lo devuelve en forma de ternura.

Une tendresse, d’elle-même un fleuve coulait sur tout : les arbres, les bêtes, les fleurs, les êtres. Elle aimait mieux son mari maintenant, elle aimait mieux sa chienne rousse et le chat. Elle aimait les gens de ces mayens, elle aimait le vieux maçon et Fabienne et Guérin (41).

Los espacios tienen la propiedad de crear un ambiente que influye en el aspecto psicológico, en el comportamiento social del ser humano e incluso en su físico. Nuestro tercer personaje, Guerin, es un espíritu libre que vaga en el bosque. Un vagabundo de aspecto salvaje que se presenta ante la gente emitiendo pequeños gritos que se asemejan a las criaturas del bosque “qui ressemblaient aux cris d’un oiseau” (37). No entiende de posesiones “Nous avons tous été pauvres dans ma famille, murmura-t-il. Mes frères non jamais vu de terres” (51), de ahí que el bosque entero se convierta en su propio hogar. Blanca, que siente una extraña afinidad con este personaje, le apoda con el nombre de “Le Simple, c’était un bon nom, se dit-elle” (38). La convivencia continua con esta naturaleza salvaje hace que incluso sus ropas adquieran en un momento dado el color característico del bosque. Así nos le describe Blanca: “Un paletot couleur feuille morte, de celles qui ont passé tout l’hiver sur l’arbre et que l’on voit en abril incrustées dans la terre, frangé, miserable, trop long pour lui, et une vieille casquette jaune assortie” (116). Es un personaje nada ordinario, poco convencional, un marginal. A Corinna Bille le gustaba recordar esa inclinación extraña que tenía por la elección de sus personajes: “Mes personnages préférés sont les ivrognes, les criminels et les fous”. Un ser frágil que no encuentra su lugar en una sociedad, a veces, demasiado cartesiana. Personaje solitario, sí, pero que no está solo, ya que forman parte de los elementos, de la tierra, de las nubes y sobre todo de ese bosque por el que le gusta tanto perderse.

 

Conclusión

 

Es indudable que Corinna ama a su región por encima de todo, pero ese amor confeso que siente por la tierra que la vio nacer, se convierte a través de sus relatos en la memoria de un espacio y de un tiempo amenazado. La singular situación en la que nació le permitió vivir en una naturaleza todavía virgen, un pequeño paraíso protegido, aunque no por mucho tiempo. Por eso, cuando la ocasión se presenta, la comprometida escritora, no duda en defender junto a su marido esos espacios todavía intactos, -como el bosque de Finges. Se implica con gran fuerza y convicción, en una época en la que la ecología ni siquiera era un tema de moda: “Hélas, il est aujourd’hui un paysage menacé. Et c’est le plus beau, le seul resté sauvage au coeur de la Vallée du Rhône”. En este artículo de La Gazette de Lausanne publicado el 20 de diciembre de 1947 Corinna se manifiesta contra el proyecto de convertir el bosque de Finges en un campo de tiro para el ejército. “N’est-ce pas une folie, un affront au Valais? Vouloir lui enlever ce qui lui reste de plus authentique, comme s’il n’existait pas par ailleurs assez de plaine maussades…”. Acaba desafiante “Nous defendrons la Forêt de Finges” aunque confía en el buen juicio de la Confederación para la retirada del proyecto, ya que como nos asegura, esta institución pretende “autant que nous, conserver la beauté, la richesses de ses paysages”. En esta época, el paisaje del Valais se modifica considerablemente bajo la creciente presión del turismo.

 

La obra de Corinna Bille tendrá, sin lugar a dudas, un bello futuro. Porque aunque nuestra tierra cambia con el transcurrir del tiempo, siempre será madre nodriza y generosa para el ser humano. Y algún día, no muy lejano, nos gustará recordar cómo era, siglos atrás, la vida de aquellos seres que nos precedieron. En esta época en la que vivimos, más propicia a los saqueos y a la destrucción de los recursos naturales, al olvido de nuestro pasado, la obra de Corinna Bille será ese punto de referencia, ese lugar al que nos gustará regresar para deleitarnos con las historias de antaño.

 
Bibliografía

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-          L'eau et les rêves‚ éd. le livre de poche, Paris, 218 p.

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Stoller Robert J., L'imagination érotique telle qu'on l'observe, Paris, éd. PUF, 1989, 284 p.

Tzvetan Todorov (2007) La littérature en péril Champs Essais. Paris:Ed. Flammarion, 2014.



* Comunicación presentada en la Journée d’étude “La forêt: imaginaires et territoires”. Université de Paris Ouest Nanterre La Défense. Organisé par Françoise Aubès (GRELPP) et  Catherine Heyman (GRECUN). 5 avril 2012.



[1] Los espacios con abundancia de árboles fortalecen la salud de quienes los disfrutan. Esta es al menos la conclusión de un estudio realizado a 280 personas en Japón. Ver « The physiological effects of Shinrin-yoku (taking in the forest atmosphere or forest bathing): evidence from field experiments in 24 forests across Japan » Environmental Health and Preventive Medicine.  January 2010, Volume 15, Issue 1, pp 18-26 http://link.springer.com/article/10.1007%2Fs12199-009-0086-9