domingo, 30 de enero de 2011

La représentation des éléments de la nature chez C.F. Ramuz.. Une relecture écocritique de son roman Derborence

Cet article est un exemple d’interprétation de la nature d’après une perspective écocritique. Selon les propos du professeur Thomas K. Dean l’écocritique est, en ce moment de crise environnementale, la seule réponse qui peut nous aider à comprendre la relation que l'homme entretient avec le monde naturel. Il s'agit d'analyser le texte littéraire selon un point de vue différent : on doit le considérer plus comme un document culturel, historique ou politique, en reléguant au second plan sa spécificité esthétique, afin de souligner son contenu social et écologique. De cette manière, on parvient à remettre l'œuvre dans un nouvel environnement pour lui donner une autre valeur, éco-centrique, où s’insère l'œuvre et l'auteur dans les matrices qui la/le soutient. Cette évaluation, ainsi que Donald Worster le remarque, imprime un nouveau caractère moral:

Nous faisons face de nos jours à une crise globale provoquée, non par le fonctionnement de l’écosystème, sinon par le mauvais fonctionnement de notre système moral. Affranchir cette crise requiert une compréhension de notre impact sur la nature […] mais encore plus, cela demande la compréhension de ces systèmes moraux et l'utilisation de ceux-ci pour les réformer. Les historiens, les académiciens de la littérature, les anthropologues et les philosophes, ne peuvent pas faire cette réforme, mais ils peuvent aider à sa compréhension (Glotfelty y From: 1996, xxi).

L'environnement et la vision de la nature se transforment en composants nouveaux pour l'analyse de textes. Nos actions endommagent les systèmes de récupération de base de la planète. La reconnaissance de ces actions encourage un désir sincère de contribuer à la récupération environnementale, non seulement pendant notre temps libre, mais aussi en tant que professeurs de littérature. La littérature constitue un formidable défi sur l’imaginaire par rapport à tout ce qui concerne la nature. Toute œuvre de fiction, de n’importe quel genre, est construite dans un cadre naturel ou civilisé, où les hommes cohabitent. L’écocritique permet de recueillir, d'analyser et de comprendre les différentes modalités d'interaction des hommes avec leur habitat. Ses caractéristiques principales sont donc l'utilisation de concepts de l'écologie appliqués aux compositions littéraires et le compromis de créer une conscience écologique à travers la littérature. L’écocritique cherche à nous approcher de la terre et nous enseigne comment améliorer notre relation avec l'environnement. En un mot, elle nous aide à reconstituer un lien entre l'environnement et ses habitants, et à avoir une relation plus étroite avec notre planète.

Ramuz prête sa voix à la nature et contribue ainsi à l'idée que la littérature doit être aussi véhicule d'idées et surtout de valeurs. Par rapport au rôle de la littérature et de la critique littéraire, Glen Love indique: « De nos jours, la fonction la plus importante de la littérature est celle de rediriger la conscience humaine vers une considération totale de son importance dans un monde naturel menacé [...] en reconnaissant la suprématie de la nature, et la nécessité d'une nouvelle éthique et esthétique ». Et il ajoute : « [nous avons l’] espoir de récupérer le rôle social perdu de la critique littéraire » (Love, 1996:237-8) . Dans l'œuvre de Ramuz, l'environnement « naturel » a cessé d'être un simple décor et s'est transformé d'une certaine manière en protagoniste.

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Suite de l'article dans le Bulletin des Amis de Ramuz nº 31. Tours: Université François-Rabelais. ISSN: 0293-0773.